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C’est ça que ça donne quand…

Compétition, tricherie, gagner, sport, santé, dopage

Désirer être au haut du podium est-il toujours sain?

Sommes-nous vraiment surpris d’apprendre que le dopage occupe une grande place dans le monde du sport?

Peut-être lorsque le système est organisé, et promu agressivement, comme ça semble être le cas en Russie. (Quoique ça nous surprend sans doute moins au sujet de la Russie, comme ça pouvait l’être déjà du temps de l’URSS.)

Ça nous a un peu surpris au sujet du cyclisme quand Lance Armstrong a finalement avoué. (Non, ça ne nous a pas vraiment surpris. Je blaguais. C’était subtil comme blague, je l’avoue, pratiquement du sarcasme, et c’est difficile à faire passer par écrit, du sarcasme.)

Tout sport hautement compétitif devrait nous apparaître comme suspect, sachant ce que l’on sait. Après tout, même quand ce n’est pas du dopage, y’a des juges corrompus ou qui s’échangent des faveurs (patinage artistique) pour ne donner que quelques exemples.

Que ce soit un sport de performance individuelle, un sport artistique (jugé), un sport d’équipe (qui sont truqués à l’occasion), ou un sport de combat (également truqués parfois, et je ne parle pas du spectacle de la lutte professionnelle ici), quand ce qui compte le plus est la victoire, la tricherie fait partie des tactiques employées.

Et ce n’est pas qu’une question d’argent, en passant, sauf peut-être dans le sport professionnel et les sports de combats, ou les gageures et le « gambling » occupent un trop grand rôle. Le prestige d’une personne, d’une équipe, d’une ville, d’une nation, font aussi figure de raison. En bref, pour qu’il y ait de la tricherie, il suffit de vouloir gagner à tout prix.

Est-ce si grave? Après tout, nous sommes des adultes, et nous savons faire la différence. Juste parce qu’il y a de la tricherie dans le sport, ça ne veut pas dire que nous allons tricher en allant courir notre prochain marathon.

En fait, oui, ça a de l’importance. Pas juste parce qu’il y en a qui trichent en courant leur marathon ou en faisant leur triathlon de distance ironman. (Oui, il y en a. J’y reviendrai dans un moment. Et pas juste à ces distances ou dans ces types de compétitions.)

Peut-être que les adultes savent faire la différence (un gros « peut-être »), mais l’image que ça donne aux jeunes n’est vraiment pas saine.

Le vrai problème, il est au niveau de l’énoncé typique : « Bof, tout le monde le fait, donc pour être compétitif, il faut que les meilleurs athlètes le fassent aussi. »

Gagner, Sport, Compétition, Victoire

Est-ce vraiment si important?

Vous l’avez déjà entendu, n’est-ce pas? Peut-être l’avez-vous même déjà dit.

Comprenez-moi bien, il s’agit ici d’une pente douce qui est très, très glissante. Ça commence par hausser les épaules en disant « bof », puis par se dire que ce n’est pas bien grave, puis on arrive à se dire que nos athlètes favoris n’ont pas le choix, et finalement (mais pas tout le monde s’y rend, heureusement) par fermer les yeux quand ça se passe à côté de nous, dans un club sportif ou au gym.

Et ça nous attire un peu, faut l’admettre. Qui n’aimerait pas atténuer un peu la douleur, et moins ressentir les effets de la fatigue, lors d’un ironman? Suffirait de prendre quelques petites pilules pendant la course. Rien de bien terrible. Ça permettrait de pousser un peu plus fort, de vraiment « tester ses limites » comme on dit… Les pros le font; c’était écrit dans un magazine. Tout le monde le fait, alors pourquoi pas moi?

Vous avez vu la pente douce devenir trop abrupte tout d’un coup?

Je vous confie un secret : Si vous prenez un petit quelque chose lorsque vous faites une compétition, quelque chose que vous ne prendriez pas au quotidien, alors vous n’explorez pas vos limites ; vous trichez. Explorer ses limites, c’est voir ce qu’on peut faire sans aide extérieure, et en pleine conscience de ce qui se passe dans notre corps.

Autre secret : Je me sens parfois mal de prendre des gels avec de la caféine pendant des courses. Mais du café, j’en bois tous les jours. N’empêche, c’est un stimulant qui n’est pas nécessaire au corps pour fonctionner (en anglais j’appelle ça du « NOT FOOD », et ça dit tout).

Où en sommes-nous? Où voulais-je en venir?

De la tricherie. C’est ça que ça donne quand ce qui compte le plus c’est de gagner. Ou de performer mieux que les autres. Et parfois même simplement de vouloir performer mieux que soi-même.

Ce qui devrait compter le plus, c’est d’être en santé, et d’agir avec intégrité. Dans le sport comme dans toute chose.

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5 techniques de base à maîtriser pour la natation

  Nous arrivons à la fin. La fin des listes de techniques de base, s’entend.

Et pour faire différent, la dernière discipline est ordinairement la première en triathlon : la natation.

J’y arrive en dernier parce que c’est souvent celle considérée comme la plus difficile par la majorité des gens, surtout ceux qui sont nouveaux au triathlon, ou qui y arrivent d’un autre sport comme la course à pied ou le cyclisme. Alors il vaut souvent mieux laisser les gens aborder le triathlon par les autres sports, et tranquillement les amener à apprivoiser l’eau.

En fait, cette tendance viens directement du fait que la plupart des triathloniens et triathloniennes ne sont pas des nageurs à l’origine. Ils et elles ont tendance à aborder la natation comme si c’était un sport d’air, où l’effort physique supérieur mêne à des performances supérieures. Mais la natation est un sport d’eau, un sport ou la technique et l’efficacité du mouvement sont de loin plus importants que la force physique.

On peut progresser beaucoup plus rapidement si on aborde la natation correctement. Ça va devenir assez évident, et vous devriez comprendre un peu mieux, dans cette liste des cinq techniques à maîtriser :

Sachez d’abord que vous flottez. Expérimentez avec votre flottaison, et devenez confortable avec.

Les gens ont souvent peur de l’eau parce qu’ils croient qu’ils vont y sombrer, et se noyer. En fait, grâce à la composition de notre corps, nous flottons. Surtout avec les poumons pleins d’air.

Mais attention : Nous ne flottons pas nécessairement en position verticale avec la tête entièrement hors de l’eau. Et pas tous autant que les autres. Il se peut qu’une toute petite partie de vous demeure à la surface. Nous sommes plus « iceberg » que « brique » ; il y a définitivement plus de nous qui se trouve sous l’eau, qu’au dessus, mais il y en a au-dessus.

Essayez, vous verrez. Essayez avec les poumons pleins d’air, les poumons à moitié pleins, et les poumons vides. Il se peut que, comme moi, vous couliez à pic si vous ne gardez pas d’air dans vos poumons. C’est souvent le cas des gens ayant une faible masse adipeuse, et/ou une excellente musculature. Mais avec un peu d’air, vous allez flotter.

Appréciez que l’eau est un médium très dense. Si vous voulez vous déplacer dans l’eau, il faut composer avec sa résistance accrue.

C’est le cas aussi de l’air, qui offre une résistance grandissante (selon le carré de la vitesse, pour parler physique un peu) au mouvement. Tout cycliste, et même certains coureurs, vous le diront : Plus vous tentez d’aller vite, plus il faut travailler fort.

Dans l’eau, c’est bien pire. Même à faible vitesse, la résistance est énorme. Tentez des mouvements comme botter un ballon, ou donner un coup de poing, ou simplement marcher, immergé dans l’eau jusqu’au cou, et vous m’en direz des nouvelles.

Bouger dans l’eau n’est pas une question de force, mais bien de minimiser la résistance. Il faut offrir un profil le plus petit possible, et prendre une forme hydrodynamique, pour se déplacer. C’est précisément ce que la technique de natation fait. Une fois que vous aurez compris le pourquoi, vous serez prêt à apprendre à bien nager, sans tenter d’user de force, mais plutôt en tentant de minimiser la résistance…

Apprenez à prendre appuis sur l’eau ; entraînez-vous à bien sentir la résistance de l’eau, et l’effet de vos mouvements.

L’eau est un médium fluide (évidemment), un fluide visqueux dans lequel il est plus difficile de se mouvoir, tel que nous l’avons déjà discuté. Mais comme toute chose, l’eau a aussi l’avantage de son plus gros défaut : si l’eau nous résiste, nous pouvons aussi nous en servir. En fait, nous devons nous en servir pour nous mouvoir.

Revenons à la flottaison. N’avoir que le derrière de son crâne à la surface n’est pas très pratique pour respirer. Mais avec quelques mouvements tranquilles, qui visent à prendre appuis sur l’eau pour maintenir la tête (ou plus) hors de l’eau, on peut respirer plus facilement.

Ces mêmes mouvements, un va-et-vient ample et principalement horizontal pendant lequel les bras et les mains sont un peu comme des avirons ou des ailes, vous fera apprécier comment appliquer une force sur l’eau : bougez trop rapidement, et la force est gaspillée ; trop lentement, et elle s’avère insuffisante ; juste la bonne vitesse (et le bon angle des bras-mains), et vous pouvez vous hisser en grande partie hors de l’eau. Ou rester juste assez immergé pour vous maintenir à la surface pendant très longtemps sans vous fatiguer.

Il existe aussi une technique de battement des jambes qui permet de faire la même chose. Quand on devient bon, les jambes seules suffisent à se maintenir facilement à la surface. Les bras aussi, à eux seuls, suffisent. Les deux ensemble vous donnent énormément de capacité. Mais l’apprentissage est plus facile avec les bras, et une fois compris comme ça, le transfer aux autres parties du corps est assez simple.

Nagez bien horizontal, la tête pratiquement entièrement sous l’eau, en regardant vers le fond.

Ceci est le seul aspect purement technique de la liste ; à date, tout ce qui est à maîtriser est en fait de la compréhension du médium. Mais pas ceci.

En partie à cause de l’inconfort restant face à l’eau, ou à la crainte de ne pouvoir respirer, ou le manque de confiance, plusieurs ont tendance à nager en regardant vers l’avant. Cela résulte en un redressement de la tête hors de l’eau (et un cou crispé) et des yeux presque à la surface de l’eau.

Le problème avec ça, et il faut de nouveau parler de flottaison, c’est que comme nous sommes des « icebergs », pour que la tête soit ainsi largement hors de l’eau, il faut que le reste du corps soit plus submergé. C’est ce qui fait que les jambes ont tendance à « couler », et que l’on nage avec les pieds vers le bas, ou du moins plus bas que le centre de gravité du corps.

Ce genre de position augmente le profil du corps dans l’eau, et réduit donc l’hydrodynamisme, ce qui rend la nage plus laborieuse. Tout commence avec la tête, autant dans la natation qu’au sens figuratif de l’expression.

Il faut se placer dans une position aussi horizontale que possible, avec la partie de l’iceberg au-dessus de l’eau distribuée tout le long du corps, et les pieds autant à la surface que la tête, pour nager de façon efficace. Et ça commence avec une tête qui n’a pas peur d’être en très grande partie immergée.

Ralentissez

Assumons pour un moment que vous avez bien compris la nature de l’eau, et comment s’en servir (au lieu de la combattre) pour nager. Que reste-t-il à maîtriser ?

La natation demeure une activité qui demande une grande coordination, et un mouvement quasi-constant. C’est très demandant physiquement. Au point où l’on se sent rapidement à bout de souffle. Surtout au début.

Mais il ne s’agit pas simplement de s’habituer à l’effort : Il faut apprendre à ralentir ses mouvements, à se détendre, et à vraiment sentir l’eau afin de laisser son corps glisser dans le médium. Des mouvements trop rapides, saccadés, et une tentation (encore présente) de « pousser plus fort » pour aller plus vite auront tôt fait de briser votre technique, et de vous épuiser.

C’est pourquoi les débutants, même s’ils ont compris la technique, n’arrivent souvent pas à faire plus de 25 ou 50 mètres à la fois. Pour arriver à nager longtemps, à faire de longues distances, il faut se calmer, et ralentir ses mouvements, et apprendre à bouger efficacement. Et plus tranquillement.

La vitesse viendra à force de mieux prendre appuis sur l’eau, en conservant sa technique tout en augmentant (un peu à la fois) sa cadence de mouvement. Mais ça, ça vient plus tard. On peut déjà faire de très belles nages, et de très bons triathlons, à « seulement » maîtriser la base.

Et il faut travailler énormément plus fort pour tenter d’aller plus vite si on ne la maîtrise pas, cette base. Ça donne des séances d’épuisement en piscine, au lieu de séances d’entraînement en piscine ; on se fait dire qu’on a bien travailler parce qu’on a travailler fort, mais travailler très fort n’est pas la même chose que bien travailler…

Crédits image : Sophie Tremblay-Paquet

Conseil d’entraînement – Numéro 6

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Bien que les entraînements de type intervalles soient excellents pour le cardio et la forme physique en général (voir le conseil d’entraînement #5), sans une bonne base d’endurance votre corps n’apprendra pas à utiliser ses lipides de façon optimale comme carburant. Vous n’aurez ainsi pas les réserves nécessaires à de très longs efforts, et vous ne pourrez pas vous sentir bien et fort au cours d’événements durant 3 heures et plus.

Donc, pour la majorité des gens « normaux » qui veulent faire un marathon ou un triathlon plus long qu’un triathlon « sprint », l’entraînement d’endurance doit être la composante principale du programme.

Devinez pourquoi Endurathlon s’appelle ainsi…

Crédits image : Pixabay

Vive la différence ! Vivre la différence ! (première partie)

Courir, Triathlon, Course à pied, Entraînement, Santé

Il vaut parfois beaucoup mieux y aller à plusieurs…

Il faut célébrer nos différences!

Par exemple, certains sont des coureurs, d’autres des marcheurs, certains même des triathlètes, et c’est très bien ainsi. Certains ont un talent naturel, d’autres moins, mais tous ont un potentiel d’endurance qu’ils travaillent à développer, alors tout va bien. Certains sont des hommes alors que certaines sont des femmes, mais ça, c’est une autre histoire… sur laquelle je reviendrai dans un autre billet.

Parce qu’aujourd’hui je veux vous parler de différences très importantes qui valent la peine d’être étudiées par les coureurs et coureuses, marcheurs et marcheuses, triathloniens et triathloniennes : il s’agit des différences entre s’entraîner seul (ou seule), et s’entraîner en équipe (ou tout le moins, en groupe).

Pour faciliter la comparaison, j’ai fait classification basée sur certaines phases de l’entraînement quotidien ; bizarrement, ça a des similarités marquées avec les phases d’une saison. Vous pouvez donc interpréter des deux façons… (Ce qui suit est juste un peu en blague, mais sur un fond de vérité tout à fait solide.)

Phase 1: Le lever

Seul, le lever est pénible. On aimerait bien rester au chaud, se reposer davantage, dormir encore un peu.

En équipe, le lever est moins pénible, car on sait qu’on n’est pas seul à devoir le faire. On sait que des gens comptent sur nous, nous attendent, et doivent aussi se tirer de leurs lits douillets…

Phase 2: Commencer

Seul, commencer l’entraînement est très dur. Se mettre en mouvement amène des sensations de muscles raides et d’articulations grinçantes. Ça nous fait parfois penser que nos corps ne sont pas fait pour l’exercice, ce qui est faux.

En équipe, commencer est bien moins difficile puisqu’on peut jaser et se distraire avec ses coéquipiers. On ne songe pas à nos petites raideurs, occupés comme on l’est à se raconter sa semaine d’entraînement ou les derniers potins. Très rapidement, on prend le rythme et ça devient facile. On oublie de songer si on est fait pour ça ou pas, et on y va.

Phase 3: Continuer

Seul, il faut pousser et souffrir en silence, serrer les dents et combattre la tentation d’arrêter plus tôt que prévu. Surtout quand on a bien d’autres choses à faire.

En équipe, on prétend ne pas trouver ça fatigant parce que les autres autour de nous n’ont pas l’air de souffrir. Et deviner quoi : s’en donner l’air contribue à amoindrir les petites souffrances et la fatigue de l’exercice. Tout le monde y gagne. Et puisque les autres y dédient le temps, nous aussi.

Phase 4: Finir

Seul, on termine « enfin! » et on a tendance à aller s’écraser devant la télé, ou à aller faire un roupillon, sans prendre le temps de s’étirer et de manger le combien important repas de récupération tôt après l’entraînement.

En équipe, on se rend à peine compte que l’entraînement tire à sa fin tellement on a pas vu passer le temps. Puis on suit l’exemple en s’étirant, au moins un peu, et souvent en allant prendre un snack de récupération en groupe. On optimise par là même sa récupération.

Conclusion

Donc, en résumé, et de façon très sérieuse, il y a une plusieurs différences importantes entre s’entraîner seul et s’entraîner en équipe. Vive la différence !

Si vous aviez encore besoin de raisons pour vous joindre à une équipe ou un groupe pour vous entraîner, vous voilà servis. Vivez la différence !

Si vous songez à vous entraîner pour un des nombreux événements à venir au cours de l’été, ou encore tôt à l’automne, quelques minutes de recherche sur les groupes actifs dans votre voisinage pourraient rapporter gros.

Et si vous êtes au Saguenay, revenez jeter un coup d’œil ici, car je commencerai bientôt à organiser des sorties de course à pied et de vélo dans ce coin de pays où je m’apprête à aller m’installer…

Courir, Santé, Entraînement, Triathlon, Équipe, Groupe

Même pendant les courses, ça peut être agréable de courir avec un groupe. Comme dans ce cas-ci, où je m’étais trouvé deux accolytes pendant un demi-marathon…

Crédits images : Sacha Veillette et Shipyard Maine Coast Half Marathon.

Conseil d’entraînement – Numéro 4

display-158387_1280Ne négligez pas la technique.

En entraînement pour des sports comme la course à pieds et le triathlon, la technique est aussi importante que l’endurance. En fait, les deux vont de pair.

Dans l’eau, ou l’hydrodynamisme est le facteur critique à la performance, une bonne technique (posture et mouvement) réduit la résistance que le corps rencontre à un point tel qu’il est plus efficace de développer sa technique que sa force musculaire pour aller plus vite et dépenser moins d’énergie.

En vélo et en courant, de bonnes techniques améliorent l’efficacité du mouvement (dépense énergétique moindre pour une vitesse donnée) et réduisent la probabilité de blessure.

Histoire de bien saisir, penser à l’analogie suivante :

Si vous voulez avoir une auto très performante (qui peut aller loin, ou vite, ou les deux), 
vous aurez beau y faire installer un très gros moteur (coeur et muscles très forts) et un très gros réservoir à essence (réserves d’énergie), si vos roues sont carrées (mauvaise technique), le voyage ne sera pas sans heurts et dégâts…

Mais n’ayez crainte : Ce n’est pas si compliqué que ça, la technique. Un bon coach peut vous apprendre…

Crédits image : Pixabay.

L’important, c’est de finir (mais surtout d’avoir commencé)

Exercice, course à pieds, compétition, entraînement

C’est quoi le plus important, finir ou commencer?

C’est un sujet qui revient fréquemment quand on parle à nos proches ou à des amis de nos activités de course à pieds, de triathlon, de natation, ou de vélo. Puisque le sport est surtout associé à la compétition, comme aux jeux olympiques ou à la télévision montrant le sport dit « professionnel », on se fait demander si on a « gagné la course » ou encore si on est très rapide.

Beaucoup de gens ne peuvent s’imaginer faire de l’activité physique en partie parce que nous avons été élevés à penser « plus vite, plus fort, plus loin » et ainsi de suite. C’est un gros problème quand on veut commencer à courir, en particulier, parce qu’on associe souvent la course à pieds à « courir le plus vite possible ».

En fait, il n’en est rien. Le truc, c’est d’aller au bon rythme pour la distance, ou la durée, que l’on veut parcourir.

Et ça, ça s’apprend.

Puisque la saison de « compétitions » est bien commencée, aujourd’hui j’aimerais particulièrement parler du courage et de la détermination de ceux et celles qui terminent bien à l’arrière du peloton. Qu’il s’agisse de leur premier marathon, demi-marathon, ou triathlon, certains se rendent au fil d’arriver en marchant, parfois bien après la grande majorité des autres participants.

Le temps que ça leur a pris n’est pas important. Le fait qu’ils ont réussi à se rendre l’est bien davantage. Que ces gens y soient arrivés après seulement quelques mois d’entraînement (incluant de longues heures d’entraînement tout compte fait) est un testament à ce que l’on peut accomplir avec de la persévérance, et un refus de se croire limité par la nature. (Ou un refus de se croire limité par ce qu’un prof d’éducation physique ne connaissant pas d’autre philosophie que celle de la victoire leur a inculqué pendant leur jeunesse.)

On dit parfois que faire un marathon, ou un ironman n’est pas à la portée de tout le monde. Je crois qu’il n’en est rien. Il est évident que nous n’avons pas tous et toutes le même physique. Nous ne pouvons pas tous « performer » au même niveau. Mais la leçon pour quiconque regarde passer les participants d’un marathon, par exemple, devrait être que ce que ça prend d’abord et avant tout, c’est de la volonté.

De la volonté pour s’entraîner, de la volonté pour le faire régulièrement, de la volonté pour bien manger et changer certaines habitudes, de la volonté pour ignorer les petits inconforts et les petites douleurs.

Et de la volonté pour continuer même quand on est fatigué, et pour finir même quand presque tout le monde a déjà fini sa journée.

L’important, c’est de finir.

Exercice, entraînement, course à pied, triathlon

L’auteur, à la fin d’un demi-marathon, loin derrière les gagnants (qui ne sont pas les deux autres sur la photo non plus).

Mais, ce disant, on commet encore une petite erreur. Parce qu’en réalité, finir un événement n’est pas la chose la plus importante.

Non, ce qui est encore plus important, c’est d’avoir commencé : Commencé à prendre sa santé assez à coeur pour s’être entraîné, pour avoir fait des semaines, des mois, d’exercice régulier. Puis, finalement, pour s’être pointé sur une ligne de départ avec plein d’autres gens; pas dans l’espoir de gagner, mais simplement pour se tester personnellement. Et pour le plaisir de bouger.

Ce que j’aime le plus comme entraîneur, c’est de voir quelqu’un qui n’y croyait pour ainsi dire pas au début, qui trouvait le premier 30 ou 45 minutes de longue course tellement pénible, ou qui avait peine à faire une longueur de piscine, finir un événement. C’est un accomplissement qui m’impressionne énormément, un dépassement de soi qui continuera de porter fruit longtemps après que les petites douleurs musculaires se seront estompées.

C’est ce qui donne tout son sens à être entraîneur. Pas la performance des premiers, pas la folie de vitesse de ceux qui ont le physique, ou l’habitude de s’entraîner fort depuis leur jeunesse, mais bien la ténacité de ceux et celles qui s’y mette plus tard dans la vie. Et qui se rendent à leurs lignes de départ.

Même si ça leur prend beaucoup plus longtemps à finir, leur coach est toujours très fier d’eux…

Et vous, qu’est-ce que vous attendez pour bouger? Avez-vous peur de ne pas être assez vite? Laissez-le moi savoir.

Et aller voir des courses (pas celles que vous voyez à la télévision); ça pourrait vous faire comprendre ce qui est vraiment important.

Crédits photo : Sophie Tremblay-Paquet

Faire ça à toute heure du jour… ou de la nuit

Courir, Entraînement, Exercise

Vous avez de la difficulté à trouver du temps? Ça peut se faire n’importe-quand…

Il y en a qui font ça tôt le matin, d’autres pendant leur pause de mi-journée au travail, d’autres encore le soir, avant ou après avoir soupé. Certains le font avant d’aller se coucher, et d’autres finalement alors que tout le reste du monde dort.

Avec le besoin de « jongler » les priorités et les activités quotidiennes, le moment choisi par chacun pour s’entraîner varie énormément. Avant que les enfants ne soient levés, une fois qu’ils sont partis à l’école, pendant que papa leur fait faire leurs devoirs, ou maman. Il existe autant de possibilités que d’arrangements familiaux et d’accords négociés. Et ce n’est pas facile à obtenir, que ce soit à la maison ou au boulot. Les discussions rappellent parfois les négociations de paix au Moyen-Orient, alors il n’est pas surprenant que les solutions pour s’entraîner doivent parfois prendre des allures de guérilla ou d’action de commando.

Le principe que les entraîneurs aiment à utiliser est de s’entraîner au moment de la journée qui ressemble le plus possible à celui au cours duquel on prendra part à un événement. Donc si on s’attend à faire un triathlon très matinal, il vaut mieux s’entraîner le matin très tôt. Un demi-marathon en milieu de matinée, eh bien on devrait sortir à ce moment de la journée.

Ça ne cadre pas toujours très bien avec la réalité de l’entraînement. Alors que faire ?

Deux solutions viennent à l’esprit : La première, de simplement s’entraîner quand on peut, et faire de son mieux le jour de l’événement. La seconde, de se trouver un événement qui cadre avec le moment de la journée au cours duquel on s’entraîne normalement.

De nos jours, il existe tellement d’événements, une telle diversité en fait, qu’il est possible de « trouver chaussure à son pied » (ce qui en soit est une bonne idée pour des coureurs, non ?). Prenez par exemple le demi-marathon Wine and Dine de Disney. Il s’agit d’une course populaire qui commence au moment des fameux feux d’artifice du soir au parc d’attractions, alors que les visiteurs ordinaires quittent, et qui se poursuit jusqu’aux petites heures de la nuit en passant à travers plusieurs des parcs thématiques, pour se terminer avec un banquet et du vin.

Ce genre d’événement est de plus en plus populaire. Par exemple, il y a aussi une course à Las Végas en pleine nuit. Donc plus d’excuses. (Ceci n’est pas une recommandation d’aller à Las Vegas, en passant. Ou à Disney. Ce ne sont que des exemples. Je ne touche aucune commission sur des voyages, ni ne suit responsable de ce que quelqu’un pourrait faire d’autre à Las Vegas…)

Un bon nombre de participants de ce genre d’événement devront en fait s’adapter à commencer à courir à 22:00 (10 heures le soir) et finir aux petites heures du matin. Mais pour certains, c’est sans doute ce qu’ils doivent faire au quotidien, alors l’expérience pourrait servir.

Si vous êtes davantage du genre « milieu de journée », sachez que les plus grands marathons (Boston, New York, d’expérience personnelle) souffrent d’une logistique tellement lourde qu’on a beau devoir se lever bien avant le soleil, on ne commence à courir que tard dans la matinée. Alors ceux et celles qui ont l’habitude d’être debout depuis plusieurs heures avant de courir peuvent s’en trouver avantagés.

Ne vous en faites pas trop sur le moment de la journée où vous pouvez vous entraîner ; l’important, c’est d’abord et avant tout de le faire.

Se trouver un événement stimulant à faire, et qui concorde bien avec nos habitude est de plus en plus facile. Alors plus vraiment d’excuses de ce côté-là.

Ça prend juste du gros bon sens, et quelques talents de négociation, pour trouver le moment opportun. Et de garder bien en tête que c’est pour son bien, parce que c’est la meilleure façon d’améliorer nos chances d’avoir une longue vie active.

Natation, Triathlon, Compétition, Exercise, Entraînement

Quelques événements demandent définitivement d’être debout tôt.

Crédits images : Sacha Veillette ou indiqué sur la photo…

Conseil de l’entraîneur – Numéro 1

Bon, on commence « les vrais affaires » là là…Entraînement, Exercise, Conseils

Bien s’entraîner, ce n’est pas d’en faire le plus possible, c’est de bien faire ce qu’on a à faire.

L’entraînement fonctionne sur le principe de fournir un stress au corps, et de le laisser récupérer pour se reconstruire afin d’être capable de gérer mieux ce genre de stress la prochaine fois.

Donc, par exemple, courir un peu plus longtemps ou un peu plus vite à chaque sortie, de sorte à ce que notre corps s’adapte.

Mais la clé, ou la clef si comme moi vous préférez, ce n’est pas d’en faire énormément (l’erreur que plusieurs commettent, surtout sans entraîneur pour les guider), mais de bien de se soumettre au bon genre de stress. Et de se donner le temps de récupérer.

De plus, il est difficile de s’adapter à plusieurs types de stress en même temps, d’où une périodisation des entraînements au cours d’une année.

Songez-y la prochaine fois que vous aurez envie d’en faire plus. Ou de faire toujours le même genre d’entraînement. Il y a un point où vous ne faites pas de progrès et risquez en fait de vous blesser (ou tout au moins de ne pas progresser aussi rapidement que serait possible)…

Crédits image : Pixabay.

Comment mesure-t-on le succès ?

Que ce soit à la course à pied, ou à tout autre sport mesuré en temps, le succès n'est pas qu'une question de gagner.

Que ce soit à la course à pied, ou à tout autre sport mesuré en temps, le succès n’est pas qu’une question de gagner.

Comment mesure-t-on le succès des athlètes en course à pied, cyclisme, ski de fond, natation, ou encore triathlon (et bien d’autres encore) ? Vous allez me dire : C’est très simple, il (ou elle) gagne une course, voyons !

Et en effet, s’il existe bien un domaine où mesurer le succès, la performance, peut sembler sans équivoque, c’est bien dans les sports mesurés en temps. (Laissons entièrement de côté l’idée, saugrenue je l’avoue, d’ajouter des juges de style pour évaluer la forme et la technique, et le penchant artistique, des coureurs ; d’autres sports très agréables à regarder s’en servent déjà, au plaisir de ceux et celles qui aiment argumenter au sujet de telles choses.)

Mais est-ce là bien la seule façon de mesurer le succès d’une personne faisant ce genre de sport ? Permettez-moi d’en douter, puisqu’il n’y a, après tout, qu’un seul gagnant et une seule gagnante à chaque course, ce qui fait du reste des gens des losers. Notre société est déjà bien assez compétitive comme ça…

Alors quoi d’autre? Voici quelques pistes de réponse :

Pourquoi pas le dépassement de soi ? S’entraîner régulièrement, faire des sacrifices en temps et en ressources pour se mettre en forme, puis arriver à aller plus loin et/ou plus longtemps qu’avant, voilà déjà un très beau succès valant la peine d’être célébré. Qui se doit d’être célébré, en fait.

Et que dire de parcourir une certaine distance et de battre son propre temps ? Constater, et mesurer sans doute possible, une amélioration de sa performance, c’est aussi un bel exemple de succès comme athlète. Mieux encore, si on commence tranquillement, on peut se battre de la sorte à maintes et maintes reprises…

Pour un grand nombre d’athlètes amateurs, il semble exister des temps, entièrement arbitraires, à battre : à la course à pied, par exemple, un demi-marathon en moins de 2 heures, un marathon en moins de 4, etc. Ce sont de bons objectifs… entièrement objectifs. Ça peut donner un contexte un peu plus amical aux compétitions, au contraire de gagner ou perdre. Tant qu’on demeure raisonnable sur l’objectif à atteindre, on peut se faire un brin de compétition personnelle et avec ses ami(e)s athlètes.

Pour les marathoniens, pour revenir à cet exemple, il y a bien entendu la hantise de se qualifier pour Boston. Oui, je dis bien « hantise » parce que ça fait peur, et ça peut devenir un lourd poids au quotidien. C’est un objectif personnel et une badge d’honneur qui n’est pas accessible à tous. On commence parfois sur cette route pour de bonnes raisons (voir plus haut, le dépassement de soi) et on se retrouve dans le fossé du stress de la performance. Mais ce n’est pas une question de battre les autres, alors c’est tout à fait valable, surtout si on le fait bien.

Ce qui m’amène à vous parler de ce qui, pour moi, est la meilleure mesure du succès d’un coureur : L’amélioration de soi-même en tant qu’être humain.

Prenons par exemple une amie qui vient tout juste de courir Boston (pour la deuxième fois). Oui, elle s’est entraînée fort et longtemps avant d’y parvenir, et elle a souffert pour arriver à son objectif (et peut-être fait souffrir ses proches un peu, ce faisant), mais en tant que personne, la course à pied lui a apporté énormément. En tant que personne, elle s’en trouve augmentée, autant dans sa santé que dans sa capacité de faire du bien autour d’elle.

Et, plus important encore, elle se sert de cette énergie à de bonnes fins, dans son cas principalement en aidant une organisation comme Team in Training, un mouvement servant une cause plus grande encore, soit de lutter contre les cancers du sang.

Quand elle s’est qualifiée la première fois pour courir Boston, alors que je lui servait de pacer, elle n’a pas gagné le marathon d’Ottawa, mais elle s’est dépassée. À Boston, elle n’a pas gagné non plus, mais plus elle coure, plus elle donne autour d’elle.

Alors, oubliez les névrosé(e)s de la performance, du « gagner à tout prix », et laissez-les faire leurs compétitions et rendre tout le monde autour d’eux (et d’elles) fou à force d’écouter leurs frustrations au sujet du manque de vitesse ou d’avoir raté leur objectif de quelques secondes. Bougez, bougez, et bougez encore, et poursuivez des objectifs, et/ou faites-le pour des causes qui en valent vraiment la peine.

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