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Mettre un pied devant l’autre (puis recommencer)

Santé, bouger, mouvement, exercise, condition physique, mieux être

Au fil des années comme entraîneur avec Team in Training, j’ai eu l’occasion d’accompagner de nombreuses personnes de la sédentarité à la complétion d’un premier demi-marathon, marathon, ou triathlon. Le plus souvent, ces gens commençaient en marchant au lieu de courir, précisément ce que nous, les entraîneurs, leur disions de faire.

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Entraîneur pour Team in Training

Ça m’a donné beaucoup d’expérience comme entraîneur, mais je considère que c’était d’abord et avant tout un privilège que de partager ces moments, autant les difficultés au fil des semaines que le succès final, avec autant d’individus qui ne s’en croyaient pas capables au début.

Voyez-vous, même si les médias nous bombardent d’images dans lesquelles il semble que seule la performance compte, où les « élites » et les « professionnels » sont le spectacle favori de la masse, et où on nous motive à consommer (du regard et de la bouche) au lieu de participer, les entraîneurs et ceux qui s’adonnent à des activités physiques régulières savent que tout le monde est capable d’être en bonne condition physique.

La biologie l’a montré abondamment : le corps humain, comme celui de tout autre animal, doit bouger régulièrement pour fonctionner correctement. Et pas seulement bouger un peu, mais bouger plus que ça, et même bouger beaucoup.

À présent (finalement), la médecine arrive au point de faire usage de ces connaissances fondamentales, et n’hésite plus (autant qu’avant) à carrément prescrire de l’activité physique au lieu de médicaments.

Ce qui manque, encore et toujours, c’est la conviction des gens « ordinaires » pour se mettre en mouvement. Parce que ça parait très difficile, pour toutes sortes de raisons :

  • C’est un effort physique, évidemment.
  • C’est du temps qu’il faut trouver, alors qu’on est tellement occupé.
  • C’est l’incertitude de ne pas savoir exactement quoi faire.
  • C’est parfois même le manque de soutiens de partenaires, parents, enfants, amis qui ne comprennent pas.
  • C’est une société entière qui semble avoir pour mission de nous épargner de l’énergie, et qui depuis une centaine d’années s’évertue à nous inventer des machines qui font le travail physique pour nous.

Alors que faire ? Comment se mettre, ou se remettre, en mouvement ?

Effort

À prime abord, il faut avoir la conviction (pas juste la prescription) qu’il faut bouger. Ça rend la chose plus facile. Il est urgent d’effacer de nos têtes l’analogie erronée selon laquelle le corps est une machine qui doit être « ménagée » afin qu’elle dure longtemps. C’est tout le contraire. Je dirais que le truc est de « simplement » ignorer tout le reste, et de juste faire un pas après l’autre. Ignorez que c’est un effort, et ça n’en sera plus un. Songez que ça vous fait du bien, et ce sera le cas.

Temps

Que faire pour avoir le temps ? On le trouve bien quand on s’assoit pour regarder la télé, ou scruter le fil de Facebook, ou lire le journal (oui, il y en a encore qui font ça), ou jouer à CandyCrush… Vous me direz que ces activités sont importantes « pour relaxer », et j’en conviens. Sauf que c’est ignorer, peut-être par manque d’expérience, à quel point bouger est aussi relaxant, en plus de faire énormément de bien physiquement.

Incertitude

Avez-vous remarqué ? Je n’ai pas mis « manquer d’encadrement » dans la liste des difficultés. Même si on peut être incertain au sujet des activités à faire, il y a énormément de ressources pour se renseigner, et il y a toujours eu plein de monde pour encadrer ceux et celles qui veulent bouger. Des centres de conditionnement physique, des entraîneurs, des « coach » personnels, ça pullule. Ça courre les rues, pour faire un jeu de mots très approprié. Il n’y a rien de tel que les conseils personnels d’un entraîneur, surtout au début, pour se lancer.

Soutiens

Quand c’est la famille et les amis qui ne semblent pas comprendre, la meilleure recette est sans doute de les amener avec nous. Bouger en famille, bouger entre amis, c’est toujours bouger dans la bonne direction. Relevez un défi ensemble, en vous inscrivant à un événement de marche ou vélo populaire. Mais si ça ne semble pas les convaincre, après avoir essayé, on peut toujours leur dire « n’attend pas que l’on doive te le prescrire » !

Société

Que faire au sujet de la société ? D’abord, s’en foutre, et faire ses propres affaires ; nous ne sommes pas des marionnettes que l’on peut contrôler, n’est-ce pas ? Ensuite, se rendre compte que la société, dans le fond, c’est nous tous, alors on peut choisir d’utiliser, ou non, ce qui est mis à notre disposition. Et peut-être, puisque c’est opportun ces temps-ci, on peut choisir de voter pour ceux qui travaillent pour rendre l’activité physique plus facile et sécuritaire.

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Commencez par marcher. C’est la meilleure façon.

Le plus dur à combattre, c’est l’inertie : cette tendance qu’on a à continuer à faire ce que l’on fait couramment. Si on ne bouge pas, on n’a pas tendance à vouloir bouger. Mais si on bouge déjà, on veut continuer à le faire.

Alors il importe de commencer, ou de recommencer, de quelque façon que ce soit. Aujourd’hui. Sans attendre.

Comment ?

Facile :

Mettez un pied devant l’autre, puis recommencez.

En un rien de temps, vous serez en mouvement, en train de marcher. Même pas besoin d’équipement spécial, ou de devenir membre d’un gym. La suite sera plus facile, pour autant que vous ayez commencé. La marche est une excellente façon de se mettre en mouvement, de vaincre cette inertie qui nous empêche de bouger.

Allez-y ! N’attendez pas de vous le faire prescrire… et revenez ici pour d’autres conseils, et des opportunités de marcher plus, et de bouger plus, au fil des prochaines semaines.

Crédits images : Pixabay, Sophie Tremblay-Paquet, et un ancien participant de Team in Training.

5 techniques de base à maîtriser pour la course à pied

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Courir, c’est facile, et pour tout le monde. Mais il faut tout de même apprendre comment…

Tel qu’annoncé dans le conseil d’entraînement numéro 8, voici la base à maîtriser pour la course à pied. Il s’agit, à mon humble avis d’entraîneur, des aspects essentiels permettant de progresser en course à pied tout en minimisant les risques à long terme.

Ça peut paraître simpliste au premier coup d’oeil, mais en fait la course à pied est une activité très technique. Oui, on peut mettre des chaussures (et des vêtements) et partir courir sans trop se poser de questions, d’où la popularité du sport par les temps qui courent. Mais comme pour toute activité ou passe-temps, pour en profiter pleinement, il y a des choses à apprendre.

Malheureusement, bon nombre d’adeptes omettent certaines étapes, surtout s’ils commencent la pratique tard dans la vie. Il est beaucoup plus excitant de passer directement aux entraînements intensifs, parce que ça semble être la chose à faire (selon les magasines et les conseils des élites, et de certains entraîneurs, lorsque pris hors contexte).

Les conséquences se font alors sentir sévèrement : blessures, ou plateau de performance après une progression initiale marquée, menant parfois à une écoeurantite aigüe et l’abandon du sport. Ce n’est pas pour rien que les statistiques indiquent que plus de 75% des coureurs se blessent à un moment ou un autre.

Lorsqu’on se donne la peine de bien apprendre la base, le risque de ces conséquences négatives s’en trouve réduit, et la progression de performance peut être mieux soutenue. Sans compter qu’on a tendance à prendre plus de plaisir à courir…

Voici donc ma liste des 5 techniques de bases, ou aspects essentiels, pour la course à pied :

1) Réaliser que courir n’est pas « marcher rapidement », ni aller le plus vite possible.

En effet, la technique de course n’est pas la même que la façon de marcher que nous avons. Les autres points ci-après parleront du « comment courir », mais pour le moment, considérez qu’il faut apprendre comment. Il faut aussi bien comprendre que courir n’est pas non plus quelque chose que l’on fait à fond de train tout le temps. Plusieurs se découragent parce qu’ils sont à bout de souffle après la première minute, ou encore pas aussi rapide que les autres. Il faut prendre son rythme, un rythme personnel que l’on peut soutenir longtemps, et développer sa vitesse au fil du temps.

2) Position verticale du corps.

Pour pouvoir courir sans trop se fatiguer, ni se faire mal, il faut garder une position verticale. Toute tendance à pencher vers l’avant (ou pire), au niveau du cou souvent, mais aussi parfois au niveau du tronc, causera des maux et une fatigue accrue. Il faut donc toujours être conscient de sa position, tête bien au-dessus du tronc, tronc bien droit, et bassin bien situé au-dessus du point de contact avec le sol (ou imperceptiblement en avant, mais ça c’est dans le domaine « avancé » des techniques).

3) Contact au sol avec le plat du pied, ou légèrement avec l’avant (mais pas juste les orteils, à moins d’être un sprinteur, ce qui est considéré comme une technique « avancée »).

De moins en moins de gens ont ce problème, mais quand on a beaucoup marché, ou longtemps couru avec des chaussures qui offrent énormément de « protection » aux talons, la probabilité de courir sur les talons existe. Si on commence à peine à courir, il se peut que ce genre de contact au sol soit très fatiguant pour les jambes ; si on a longtemps couru « sur les talons », la transition graduelle peut prendre beaucoup de temps (ça m’a pris 2 ans, par exemple !) mais le jeu en vaut la chandelle. Et il n’est pas nécessaire d’acheter des souliers « minimalistes » pour bien courir ; il faut juste y penser, et s’entraîner graduellement.

4) Cadence de 180 pas à la minute.

C’est le seul aspect technique facilement quantifiable, facilement mesurable, et donc souvent le premier enseigné. Mais c’est en fait plus compliqué qu’on ne le croit parce que cette cadence, pouvant varier de 170 à 190 selon les coureurs, n’a pratiquement rien à voir avec la vitesse à laquelle on courre. Pour l’instant, il suffit de savoir que si votre cadence naturelle est de moins de 180 pas à la minute, et surtout si elle se trouve en-dessous de 160, vous avez surement tendance à faire de trop grandes enjambées (ce qui nuit aux points 2 et 3 précédents), et que vous feriez bien de travailler cet élément.

5) Mouvements des bras, et non du haut du corps.

Seule similarité admise avec la marche, les bras agissent comme contrepoids pour le mouvement des jambes en courant aussi. Un bon mouvement des bras aide à rendre la course plus efficace, et donc plus économique en énergie. Mais attention : pour diverses raisons, il arrive souvent que le mouvement des bras s’accompagne d’une torsion au niveau du tronc, visible par des épaules qui vont d’avant en arrière avec les bras, au lieu de seulement faire pivoter les bras en gardant les épaules stables. Toute torsion au niveau du corps a des répercussions sur les membres inférieurs, parce que courir implique le corps au complet, et ce genre de mouvement du haut du corps peut rapidement causer des blessures. Il faut surveiller le mouvement des bras, et éviter à tout prix un croisement de la ligne médiane du corps (plexus solaire) par les mains. Les bras devraient normalement demeurer parallèles à la direction de la course…

Voilà !

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Allez-y, lancez vous. Vous allez voir que vous n’êtes pas seul.

Comme je disais au début, ce n’est pas si compliqué, et plusieurs seront tentés de faire fi de mon conseil de bien maîtriser ces aspects. Faites très attention ; les risques de blessures sont réels.

Si vous voulez avoir du plaisir (oui, en courant, on peut avoir du plaisir, si on le fait correctement) et être en forme longtemps, suivez mon conseil. C’est gratuit.

Ce qui n’est pas gratuit, c’est le suivi, les éducatifs, et les vérifications pour vous permettre de vous améliorer rapidement. C’est à ça que ça sert, entre autres choses, un entraîneur…

Et quand on se donne la peine d’y penser, c’est peu payer pour être en meilleure condition physique, et augmenter nos chances d’être en santé longtemps.

Crédits photo : Sophie Tremblay-Paquet et Sacha Veillette

Vive la différence ! Vivre la différence ! (première partie)

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Il vaut parfois beaucoup mieux y aller à plusieurs…

Il faut célébrer nos différences!

Par exemple, certains sont des coureurs, d’autres des marcheurs, certains même des triathlètes, et c’est très bien ainsi. Certains ont un talent naturel, d’autres moins, mais tous ont un potentiel d’endurance qu’ils travaillent à développer, alors tout va bien. Certains sont des hommes alors que certaines sont des femmes, mais ça, c’est une autre histoire… sur laquelle je reviendrai dans un autre billet.

Parce qu’aujourd’hui je veux vous parler de différences très importantes qui valent la peine d’être étudiées par les coureurs et coureuses, marcheurs et marcheuses, triathloniens et triathloniennes : il s’agit des différences entre s’entraîner seul (ou seule), et s’entraîner en équipe (ou tout le moins, en groupe).

Pour faciliter la comparaison, j’ai fait classification basée sur certaines phases de l’entraînement quotidien ; bizarrement, ça a des similarités marquées avec les phases d’une saison. Vous pouvez donc interpréter des deux façons… (Ce qui suit est juste un peu en blague, mais sur un fond de vérité tout à fait solide.)

Phase 1: Le lever

Seul, le lever est pénible. On aimerait bien rester au chaud, se reposer davantage, dormir encore un peu.

En équipe, le lever est moins pénible, car on sait qu’on n’est pas seul à devoir le faire. On sait que des gens comptent sur nous, nous attendent, et doivent aussi se tirer de leurs lits douillets…

Phase 2: Commencer

Seul, commencer l’entraînement est très dur. Se mettre en mouvement amène des sensations de muscles raides et d’articulations grinçantes. Ça nous fait parfois penser que nos corps ne sont pas fait pour l’exercice, ce qui est faux.

En équipe, commencer est bien moins difficile puisqu’on peut jaser et se distraire avec ses coéquipiers. On ne songe pas à nos petites raideurs, occupés comme on l’est à se raconter sa semaine d’entraînement ou les derniers potins. Très rapidement, on prend le rythme et ça devient facile. On oublie de songer si on est fait pour ça ou pas, et on y va.

Phase 3: Continuer

Seul, il faut pousser et souffrir en silence, serrer les dents et combattre la tentation d’arrêter plus tôt que prévu. Surtout quand on a bien d’autres choses à faire.

En équipe, on prétend ne pas trouver ça fatigant parce que les autres autour de nous n’ont pas l’air de souffrir. Et deviner quoi : s’en donner l’air contribue à amoindrir les petites souffrances et la fatigue de l’exercice. Tout le monde y gagne. Et puisque les autres y dédient le temps, nous aussi.

Phase 4: Finir

Seul, on termine « enfin! » et on a tendance à aller s’écraser devant la télé, ou à aller faire un roupillon, sans prendre le temps de s’étirer et de manger le combien important repas de récupération tôt après l’entraînement.

En équipe, on se rend à peine compte que l’entraînement tire à sa fin tellement on a pas vu passer le temps. Puis on suit l’exemple en s’étirant, au moins un peu, et souvent en allant prendre un snack de récupération en groupe. On optimise par là même sa récupération.

Conclusion

Donc, en résumé, et de façon très sérieuse, il y a une plusieurs différences importantes entre s’entraîner seul et s’entraîner en équipe. Vive la différence !

Si vous aviez encore besoin de raisons pour vous joindre à une équipe ou un groupe pour vous entraîner, vous voilà servis. Vivez la différence !

Si vous songez à vous entraîner pour un des nombreux événements à venir au cours de l’été, ou encore tôt à l’automne, quelques minutes de recherche sur les groupes actifs dans votre voisinage pourraient rapporter gros.

Et si vous êtes au Saguenay, revenez jeter un coup d’œil ici, car je commencerai bientôt à organiser des sorties de course à pied et de vélo dans ce coin de pays où je m’apprête à aller m’installer…

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Même pendant les courses, ça peut être agréable de courir avec un groupe. Comme dans ce cas-ci, où je m’étais trouvé deux accolytes pendant un demi-marathon…

Crédits images : Sacha Veillette et Shipyard Maine Coast Half Marathon.

Conseil d’entraînement – Numéro 4

display-158387_1280Ne négligez pas la technique.

En entraînement pour des sports comme la course à pieds et le triathlon, la technique est aussi importante que l’endurance. En fait, les deux vont de pair.

Dans l’eau, ou l’hydrodynamisme est le facteur critique à la performance, une bonne technique (posture et mouvement) réduit la résistance que le corps rencontre à un point tel qu’il est plus efficace de développer sa technique que sa force musculaire pour aller plus vite et dépenser moins d’énergie.

En vélo et en courant, de bonnes techniques améliorent l’efficacité du mouvement (dépense énergétique moindre pour une vitesse donnée) et réduisent la probabilité de blessure.

Histoire de bien saisir, penser à l’analogie suivante :

Si vous voulez avoir une auto très performante (qui peut aller loin, ou vite, ou les deux), 
vous aurez beau y faire installer un très gros moteur (coeur et muscles très forts) et un très gros réservoir à essence (réserves d’énergie), si vos roues sont carrées (mauvaise technique), le voyage ne sera pas sans heurts et dégâts…

Mais n’ayez crainte : Ce n’est pas si compliqué que ça, la technique. Un bon coach peut vous apprendre…

Crédits image : Pixabay.

Courir nu

Courir, Entraînement, Marathon, Équipement

Photomontage pour être un peu provocateur. Aucun coureur n’a été blessé, ou déshabillé, pour cette image.

Non, il ne s’agit pas de faire un marathon dans un camp de nudistes (quoique je ne serais pas vraiment surpris d’apprendre que ça existe). Ni de vraiment courir nu, bien entendu. Par « courir nu », je veux simplement parler de courir sans tous les artifices modernes qui nous aident à courir, mais qui deviennent aussi un peu trop accaparants.

(Mais je dois avouer que le titre se veut provocateur, histoire d’attirer plus de lecteurs. On verra bien si ça fonctionne…)

Imaginez-vous un peu comment ça se passait quand nos ancêtres couraient après leurs proies dans la savane africaine. Ou encore comment les messagers, à pied, couraient d’un village à l’autre, de l’antiquité à l’âge préindustriel (non, pas tous les messagers étaient transportés par des chevaux). Ou encore comment les coureurs et coureuses d’il y a quelques années à peine faisaient leur « jogging » (OK, sans les survêtements de l’époque, car ça c’était vraiment horrible – on aurait préféré qu’ils et elles soient vraiment nus et nues).

Il y a très peu de temps, et ça semble devenir encore plus prononcé depuis 2-3 ans, que nous courons avec autant de gadgets, certes très utiles, mais des gadgets tout de même. Alors, je nous pose la question, et je tente d’y répondre : de quelles façons peut-on « courir nu », et pourquoi le ferait-on? Voyons un peu :

Courir sans bidule à musique

Pour être davantage à l’écoute de son corps, de son environnement, et parfois de la personne avec qui on court… En fait, peut importe son niveau d’expertise en course à pied, il est fortement recommandé de courir au moins de temps en temps sans écouter de musique afin de mieux entendre le bruit que nous faisons en courant, soit l’impact de nos pas sur le sol, et notre respiration. Ce faisant, on est également plus apte à remarquer les petites choses comme les autos qui risquent de nous happer, les vélos qui arrivent derrière nous et pourraient nous faire sursauter, les gens qui nous disent bonjour, et ainsi de suite. D’ailleurs, c’est pourquoi les entraîneurs recommandent fortement de ne pas écouter de musique en courant, à moins d’être dans un environnement complètement sécuritaire. Le facteur sécurité est très important.

Courir sans bidule GPS

Pour se concentrer sur là où on est, et non le détail de la distance parcourue, et la vitesse à laquelle on va. Même si la plupart des programmes d’entraînement sont conçus en fonction de distances à parcourir, et que les temps de complétion de marathons et demi-marathon sont un sujet très important pour plusieurs coureurs, courir de temps en temps sans regarder son GPS peut nous aider à relaxer un peu.

Courir sans cardio-fréquencemètre (bidule moniteur de pulsations cardiaques)

Pour ne pas trop s’en faire si on n’est pas « dans la bonne zone » ou si on ne pousse pas assez fort cette fois-ci. Ou si on pousse plus que ce qu’on avait prévu. Trop de discipline et trop de science dans l’entraînement font que l’on perd parfois le plaisir qu’on a à s’entraîner. Sans compter qu’à force de focuser sur les chiffres, on risque d’en oublier d’écouter son corps.

Courir sans montre

Pour ne même pas compter le temps, et simplement se concentrer sur le plaisir de courir, sur les sensations qu’on éprouve. On oublie souvent de le faire. Courir sans montre, sans moniteur cardiaque, sans GPS et sans iPod, c’est tellement proche de courir complètement nu comme sensation que ça rend beaucoup de gens très inconfortables.

C’est sans doute un signe qu’on devrait se forcer à le faire de temps en temps.

Quoi encore? Ah, oui, une ou deux choses :

Courir sans souliers

Pour apprendre à courir « correctement », ou simplement pour tenter l’expérience, sur une belle grande pelouse bien moelleuse, ou encore sur une plage, au chaud, près de l’océan (on peut toujours rêver). Pas dans la neige et le froid Canadien en tout cas… quoique j’en connais qui l’ont fait.

Courir vraiment nu

OK, si vous insistez, mais alors sur votre propre tapis roulant, dans le confort de votre foyer, et en portant au moins des souliers, car les tapis roulants, c’est dur sur la plante des pieds. Ce que vous décidez de faire quand personne ne vous regarde, ça ne regarde que vous… Mais je ne vous le recommande pas pour autant. Pourquoi se passer du confort que nous procurent les vêtements?

Tout de même, si quelqu’un entend parler d’un marathon dans un camp de nudistes, laissez-le-moi savoir… Simple curiosité professionnelle, bien entendu.

Courir, Marathon, Équipement, Entraînement

Il fait parfois froid à la fin d’un marathon (comme celui de New York) ; une chance qu’on ne court pas nu…

Crédits images :  Sophie Tremblay-Paquet et Sacha Veillette

L’important, c’est de finir (mais surtout d’avoir commencé)

Exercice, course à pieds, compétition, entraînement

C’est quoi le plus important, finir ou commencer?

C’est un sujet qui revient fréquemment quand on parle à nos proches ou à des amis de nos activités de course à pieds, de triathlon, de natation, ou de vélo. Puisque le sport est surtout associé à la compétition, comme aux jeux olympiques ou à la télévision montrant le sport dit « professionnel », on se fait demander si on a « gagné la course » ou encore si on est très rapide.

Beaucoup de gens ne peuvent s’imaginer faire de l’activité physique en partie parce que nous avons été élevés à penser « plus vite, plus fort, plus loin » et ainsi de suite. C’est un gros problème quand on veut commencer à courir, en particulier, parce qu’on associe souvent la course à pieds à « courir le plus vite possible ».

En fait, il n’en est rien. Le truc, c’est d’aller au bon rythme pour la distance, ou la durée, que l’on veut parcourir.

Et ça, ça s’apprend.

Puisque la saison de « compétitions » est bien commencée, aujourd’hui j’aimerais particulièrement parler du courage et de la détermination de ceux et celles qui terminent bien à l’arrière du peloton. Qu’il s’agisse de leur premier marathon, demi-marathon, ou triathlon, certains se rendent au fil d’arriver en marchant, parfois bien après la grande majorité des autres participants.

Le temps que ça leur a pris n’est pas important. Le fait qu’ils ont réussi à se rendre l’est bien davantage. Que ces gens y soient arrivés après seulement quelques mois d’entraînement (incluant de longues heures d’entraînement tout compte fait) est un testament à ce que l’on peut accomplir avec de la persévérance, et un refus de se croire limité par la nature. (Ou un refus de se croire limité par ce qu’un prof d’éducation physique ne connaissant pas d’autre philosophie que celle de la victoire leur a inculqué pendant leur jeunesse.)

On dit parfois que faire un marathon, ou un ironman n’est pas à la portée de tout le monde. Je crois qu’il n’en est rien. Il est évident que nous n’avons pas tous et toutes le même physique. Nous ne pouvons pas tous « performer » au même niveau. Mais la leçon pour quiconque regarde passer les participants d’un marathon, par exemple, devrait être que ce que ça prend d’abord et avant tout, c’est de la volonté.

De la volonté pour s’entraîner, de la volonté pour le faire régulièrement, de la volonté pour bien manger et changer certaines habitudes, de la volonté pour ignorer les petits inconforts et les petites douleurs.

Et de la volonté pour continuer même quand on est fatigué, et pour finir même quand presque tout le monde a déjà fini sa journée.

L’important, c’est de finir.

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L’auteur, à la fin d’un demi-marathon, loin derrière les gagnants (qui ne sont pas les deux autres sur la photo non plus).

Mais, ce disant, on commet encore une petite erreur. Parce qu’en réalité, finir un événement n’est pas la chose la plus importante.

Non, ce qui est encore plus important, c’est d’avoir commencé : Commencé à prendre sa santé assez à coeur pour s’être entraîné, pour avoir fait des semaines, des mois, d’exercice régulier. Puis, finalement, pour s’être pointé sur une ligne de départ avec plein d’autres gens; pas dans l’espoir de gagner, mais simplement pour se tester personnellement. Et pour le plaisir de bouger.

Ce que j’aime le plus comme entraîneur, c’est de voir quelqu’un qui n’y croyait pour ainsi dire pas au début, qui trouvait le premier 30 ou 45 minutes de longue course tellement pénible, ou qui avait peine à faire une longueur de piscine, finir un événement. C’est un accomplissement qui m’impressionne énormément, un dépassement de soi qui continuera de porter fruit longtemps après que les petites douleurs musculaires se seront estompées.

C’est ce qui donne tout son sens à être entraîneur. Pas la performance des premiers, pas la folie de vitesse de ceux qui ont le physique, ou l’habitude de s’entraîner fort depuis leur jeunesse, mais bien la ténacité de ceux et celles qui s’y mette plus tard dans la vie. Et qui se rendent à leurs lignes de départ.

Même si ça leur prend beaucoup plus longtemps à finir, leur coach est toujours très fier d’eux…

Et vous, qu’est-ce que vous attendez pour bouger? Avez-vous peur de ne pas être assez vite? Laissez-le moi savoir.

Et aller voir des courses (pas celles que vous voyez à la télévision); ça pourrait vous faire comprendre ce qui est vraiment important.

Crédits photo : Sophie Tremblay-Paquet

Faire ça à toute heure du jour… ou de la nuit

Courir, Entraînement, Exercise

Vous avez de la difficulté à trouver du temps? Ça peut se faire n’importe-quand…

Il y en a qui font ça tôt le matin, d’autres pendant leur pause de mi-journée au travail, d’autres encore le soir, avant ou après avoir soupé. Certains le font avant d’aller se coucher, et d’autres finalement alors que tout le reste du monde dort.

Avec le besoin de « jongler » les priorités et les activités quotidiennes, le moment choisi par chacun pour s’entraîner varie énormément. Avant que les enfants ne soient levés, une fois qu’ils sont partis à l’école, pendant que papa leur fait faire leurs devoirs, ou maman. Il existe autant de possibilités que d’arrangements familiaux et d’accords négociés. Et ce n’est pas facile à obtenir, que ce soit à la maison ou au boulot. Les discussions rappellent parfois les négociations de paix au Moyen-Orient, alors il n’est pas surprenant que les solutions pour s’entraîner doivent parfois prendre des allures de guérilla ou d’action de commando.

Le principe que les entraîneurs aiment à utiliser est de s’entraîner au moment de la journée qui ressemble le plus possible à celui au cours duquel on prendra part à un événement. Donc si on s’attend à faire un triathlon très matinal, il vaut mieux s’entraîner le matin très tôt. Un demi-marathon en milieu de matinée, eh bien on devrait sortir à ce moment de la journée.

Ça ne cadre pas toujours très bien avec la réalité de l’entraînement. Alors que faire ?

Deux solutions viennent à l’esprit : La première, de simplement s’entraîner quand on peut, et faire de son mieux le jour de l’événement. La seconde, de se trouver un événement qui cadre avec le moment de la journée au cours duquel on s’entraîne normalement.

De nos jours, il existe tellement d’événements, une telle diversité en fait, qu’il est possible de « trouver chaussure à son pied » (ce qui en soit est une bonne idée pour des coureurs, non ?). Prenez par exemple le demi-marathon Wine and Dine de Disney. Il s’agit d’une course populaire qui commence au moment des fameux feux d’artifice du soir au parc d’attractions, alors que les visiteurs ordinaires quittent, et qui se poursuit jusqu’aux petites heures de la nuit en passant à travers plusieurs des parcs thématiques, pour se terminer avec un banquet et du vin.

Ce genre d’événement est de plus en plus populaire. Par exemple, il y a aussi une course à Las Végas en pleine nuit. Donc plus d’excuses. (Ceci n’est pas une recommandation d’aller à Las Vegas, en passant. Ou à Disney. Ce ne sont que des exemples. Je ne touche aucune commission sur des voyages, ni ne suit responsable de ce que quelqu’un pourrait faire d’autre à Las Vegas…)

Un bon nombre de participants de ce genre d’événement devront en fait s’adapter à commencer à courir à 22:00 (10 heures le soir) et finir aux petites heures du matin. Mais pour certains, c’est sans doute ce qu’ils doivent faire au quotidien, alors l’expérience pourrait servir.

Si vous êtes davantage du genre « milieu de journée », sachez que les plus grands marathons (Boston, New York, d’expérience personnelle) souffrent d’une logistique tellement lourde qu’on a beau devoir se lever bien avant le soleil, on ne commence à courir que tard dans la matinée. Alors ceux et celles qui ont l’habitude d’être debout depuis plusieurs heures avant de courir peuvent s’en trouver avantagés.

Ne vous en faites pas trop sur le moment de la journée où vous pouvez vous entraîner ; l’important, c’est d’abord et avant tout de le faire.

Se trouver un événement stimulant à faire, et qui concorde bien avec nos habitude est de plus en plus facile. Alors plus vraiment d’excuses de ce côté-là.

Ça prend juste du gros bon sens, et quelques talents de négociation, pour trouver le moment opportun. Et de garder bien en tête que c’est pour son bien, parce que c’est la meilleure façon d’améliorer nos chances d’avoir une longue vie active.

Natation, Triathlon, Compétition, Exercise, Entraînement

Quelques événements demandent définitivement d’être debout tôt.

Crédits images : Sacha Veillette ou indiqué sur la photo…

Comment mesure-t-on le succès ?

Que ce soit à la course à pied, ou à tout autre sport mesuré en temps, le succès n'est pas qu'une question de gagner.

Que ce soit à la course à pied, ou à tout autre sport mesuré en temps, le succès n’est pas qu’une question de gagner.

Comment mesure-t-on le succès des athlètes en course à pied, cyclisme, ski de fond, natation, ou encore triathlon (et bien d’autres encore) ? Vous allez me dire : C’est très simple, il (ou elle) gagne une course, voyons !

Et en effet, s’il existe bien un domaine où mesurer le succès, la performance, peut sembler sans équivoque, c’est bien dans les sports mesurés en temps. (Laissons entièrement de côté l’idée, saugrenue je l’avoue, d’ajouter des juges de style pour évaluer la forme et la technique, et le penchant artistique, des coureurs ; d’autres sports très agréables à regarder s’en servent déjà, au plaisir de ceux et celles qui aiment argumenter au sujet de telles choses.)

Mais est-ce là bien la seule façon de mesurer le succès d’une personne faisant ce genre de sport ? Permettez-moi d’en douter, puisqu’il n’y a, après tout, qu’un seul gagnant et une seule gagnante à chaque course, ce qui fait du reste des gens des losers. Notre société est déjà bien assez compétitive comme ça…

Alors quoi d’autre? Voici quelques pistes de réponse :

Pourquoi pas le dépassement de soi ? S’entraîner régulièrement, faire des sacrifices en temps et en ressources pour se mettre en forme, puis arriver à aller plus loin et/ou plus longtemps qu’avant, voilà déjà un très beau succès valant la peine d’être célébré. Qui se doit d’être célébré, en fait.

Et que dire de parcourir une certaine distance et de battre son propre temps ? Constater, et mesurer sans doute possible, une amélioration de sa performance, c’est aussi un bel exemple de succès comme athlète. Mieux encore, si on commence tranquillement, on peut se battre de la sorte à maintes et maintes reprises…

Pour un grand nombre d’athlètes amateurs, il semble exister des temps, entièrement arbitraires, à battre : à la course à pied, par exemple, un demi-marathon en moins de 2 heures, un marathon en moins de 4, etc. Ce sont de bons objectifs… entièrement objectifs. Ça peut donner un contexte un peu plus amical aux compétitions, au contraire de gagner ou perdre. Tant qu’on demeure raisonnable sur l’objectif à atteindre, on peut se faire un brin de compétition personnelle et avec ses ami(e)s athlètes.

Pour les marathoniens, pour revenir à cet exemple, il y a bien entendu la hantise de se qualifier pour Boston. Oui, je dis bien « hantise » parce que ça fait peur, et ça peut devenir un lourd poids au quotidien. C’est un objectif personnel et une badge d’honneur qui n’est pas accessible à tous. On commence parfois sur cette route pour de bonnes raisons (voir plus haut, le dépassement de soi) et on se retrouve dans le fossé du stress de la performance. Mais ce n’est pas une question de battre les autres, alors c’est tout à fait valable, surtout si on le fait bien.

Ce qui m’amène à vous parler de ce qui, pour moi, est la meilleure mesure du succès d’un coureur : L’amélioration de soi-même en tant qu’être humain.

Prenons par exemple une amie qui vient tout juste de courir Boston (pour la deuxième fois). Oui, elle s’est entraînée fort et longtemps avant d’y parvenir, et elle a souffert pour arriver à son objectif (et peut-être fait souffrir ses proches un peu, ce faisant), mais en tant que personne, la course à pied lui a apporté énormément. En tant que personne, elle s’en trouve augmentée, autant dans sa santé que dans sa capacité de faire du bien autour d’elle.

Et, plus important encore, elle se sert de cette énergie à de bonnes fins, dans son cas principalement en aidant une organisation comme Team in Training, un mouvement servant une cause plus grande encore, soit de lutter contre les cancers du sang.

Quand elle s’est qualifiée la première fois pour courir Boston, alors que je lui servait de pacer, elle n’a pas gagné le marathon d’Ottawa, mais elle s’est dépassée. À Boston, elle n’a pas gagné non plus, mais plus elle coure, plus elle donne autour d’elle.

Alors, oubliez les névrosé(e)s de la performance, du « gagner à tout prix », et laissez-les faire leurs compétitions et rendre tout le monde autour d’eux (et d’elles) fou à force d’écouter leurs frustrations au sujet du manque de vitesse ou d’avoir raté leur objectif de quelques secondes. Bougez, bougez, et bougez encore, et poursuivez des objectifs, et/ou faites-le pour des causes qui en valent vraiment la peine.

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