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5 techniques de base à maîtriser pour la natation

  Nous arrivons à la fin. La fin des listes de techniques de base, s’entend.

Et pour faire différent, la dernière discipline est ordinairement la première en triathlon : la natation.

J’y arrive en dernier parce que c’est souvent celle considérée comme la plus difficile par la majorité des gens, surtout ceux qui sont nouveaux au triathlon, ou qui y arrivent d’un autre sport comme la course à pied ou le cyclisme. Alors il vaut souvent mieux laisser les gens aborder le triathlon par les autres sports, et tranquillement les amener à apprivoiser l’eau.

En fait, cette tendance viens directement du fait que la plupart des triathloniens et triathloniennes ne sont pas des nageurs à l’origine. Ils et elles ont tendance à aborder la natation comme si c’était un sport d’air, où l’effort physique supérieur mêne à des performances supérieures. Mais la natation est un sport d’eau, un sport ou la technique et l’efficacité du mouvement sont de loin plus importants que la force physique.

On peut progresser beaucoup plus rapidement si on aborde la natation correctement. Ça va devenir assez évident, et vous devriez comprendre un peu mieux, dans cette liste des cinq techniques à maîtriser :

Sachez d’abord que vous flottez. Expérimentez avec votre flottaison, et devenez confortable avec.

Les gens ont souvent peur de l’eau parce qu’ils croient qu’ils vont y sombrer, et se noyer. En fait, grâce à la composition de notre corps, nous flottons. Surtout avec les poumons pleins d’air.

Mais attention : Nous ne flottons pas nécessairement en position verticale avec la tête entièrement hors de l’eau. Et pas tous autant que les autres. Il se peut qu’une toute petite partie de vous demeure à la surface. Nous sommes plus « iceberg » que « brique » ; il y a définitivement plus de nous qui se trouve sous l’eau, qu’au dessus, mais il y en a au-dessus.

Essayez, vous verrez. Essayez avec les poumons pleins d’air, les poumons à moitié pleins, et les poumons vides. Il se peut que, comme moi, vous couliez à pic si vous ne gardez pas d’air dans vos poumons. C’est souvent le cas des gens ayant une faible masse adipeuse, et/ou une excellente musculature. Mais avec un peu d’air, vous allez flotter.

Appréciez que l’eau est un médium très dense. Si vous voulez vous déplacer dans l’eau, il faut composer avec sa résistance accrue.

C’est le cas aussi de l’air, qui offre une résistance grandissante (selon le carré de la vitesse, pour parler physique un peu) au mouvement. Tout cycliste, et même certains coureurs, vous le diront : Plus vous tentez d’aller vite, plus il faut travailler fort.

Dans l’eau, c’est bien pire. Même à faible vitesse, la résistance est énorme. Tentez des mouvements comme botter un ballon, ou donner un coup de poing, ou simplement marcher, immergé dans l’eau jusqu’au cou, et vous m’en direz des nouvelles.

Bouger dans l’eau n’est pas une question de force, mais bien de minimiser la résistance. Il faut offrir un profil le plus petit possible, et prendre une forme hydrodynamique, pour se déplacer. C’est précisément ce que la technique de natation fait. Une fois que vous aurez compris le pourquoi, vous serez prêt à apprendre à bien nager, sans tenter d’user de force, mais plutôt en tentant de minimiser la résistance…

Apprenez à prendre appuis sur l’eau ; entraînez-vous à bien sentir la résistance de l’eau, et l’effet de vos mouvements.

L’eau est un médium fluide (évidemment), un fluide visqueux dans lequel il est plus difficile de se mouvoir, tel que nous l’avons déjà discuté. Mais comme toute chose, l’eau a aussi l’avantage de son plus gros défaut : si l’eau nous résiste, nous pouvons aussi nous en servir. En fait, nous devons nous en servir pour nous mouvoir.

Revenons à la flottaison. N’avoir que le derrière de son crâne à la surface n’est pas très pratique pour respirer. Mais avec quelques mouvements tranquilles, qui visent à prendre appuis sur l’eau pour maintenir la tête (ou plus) hors de l’eau, on peut respirer plus facilement.

Ces mêmes mouvements, un va-et-vient ample et principalement horizontal pendant lequel les bras et les mains sont un peu comme des avirons ou des ailes, vous fera apprécier comment appliquer une force sur l’eau : bougez trop rapidement, et la force est gaspillée ; trop lentement, et elle s’avère insuffisante ; juste la bonne vitesse (et le bon angle des bras-mains), et vous pouvez vous hisser en grande partie hors de l’eau. Ou rester juste assez immergé pour vous maintenir à la surface pendant très longtemps sans vous fatiguer.

Il existe aussi une technique de battement des jambes qui permet de faire la même chose. Quand on devient bon, les jambes seules suffisent à se maintenir facilement à la surface. Les bras aussi, à eux seuls, suffisent. Les deux ensemble vous donnent énormément de capacité. Mais l’apprentissage est plus facile avec les bras, et une fois compris comme ça, le transfer aux autres parties du corps est assez simple.

Nagez bien horizontal, la tête pratiquement entièrement sous l’eau, en regardant vers le fond.

Ceci est le seul aspect purement technique de la liste ; à date, tout ce qui est à maîtriser est en fait de la compréhension du médium. Mais pas ceci.

En partie à cause de l’inconfort restant face à l’eau, ou à la crainte de ne pouvoir respirer, ou le manque de confiance, plusieurs ont tendance à nager en regardant vers l’avant. Cela résulte en un redressement de la tête hors de l’eau (et un cou crispé) et des yeux presque à la surface de l’eau.

Le problème avec ça, et il faut de nouveau parler de flottaison, c’est que comme nous sommes des « icebergs », pour que la tête soit ainsi largement hors de l’eau, il faut que le reste du corps soit plus submergé. C’est ce qui fait que les jambes ont tendance à « couler », et que l’on nage avec les pieds vers le bas, ou du moins plus bas que le centre de gravité du corps.

Ce genre de position augmente le profil du corps dans l’eau, et réduit donc l’hydrodynamisme, ce qui rend la nage plus laborieuse. Tout commence avec la tête, autant dans la natation qu’au sens figuratif de l’expression.

Il faut se placer dans une position aussi horizontale que possible, avec la partie de l’iceberg au-dessus de l’eau distribuée tout le long du corps, et les pieds autant à la surface que la tête, pour nager de façon efficace. Et ça commence avec une tête qui n’a pas peur d’être en très grande partie immergée.

Ralentissez

Assumons pour un moment que vous avez bien compris la nature de l’eau, et comment s’en servir (au lieu de la combattre) pour nager. Que reste-t-il à maîtriser ?

La natation demeure une activité qui demande une grande coordination, et un mouvement quasi-constant. C’est très demandant physiquement. Au point où l’on se sent rapidement à bout de souffle. Surtout au début.

Mais il ne s’agit pas simplement de s’habituer à l’effort : Il faut apprendre à ralentir ses mouvements, à se détendre, et à vraiment sentir l’eau afin de laisser son corps glisser dans le médium. Des mouvements trop rapides, saccadés, et une tentation (encore présente) de « pousser plus fort » pour aller plus vite auront tôt fait de briser votre technique, et de vous épuiser.

C’est pourquoi les débutants, même s’ils ont compris la technique, n’arrivent souvent pas à faire plus de 25 ou 50 mètres à la fois. Pour arriver à nager longtemps, à faire de longues distances, il faut se calmer, et ralentir ses mouvements, et apprendre à bouger efficacement. Et plus tranquillement.

La vitesse viendra à force de mieux prendre appuis sur l’eau, en conservant sa technique tout en augmentant (un peu à la fois) sa cadence de mouvement. Mais ça, ça vient plus tard. On peut déjà faire de très belles nages, et de très bons triathlons, à « seulement » maîtriser la base.

Et il faut travailler énormément plus fort pour tenter d’aller plus vite si on ne la maîtrise pas, cette base. Ça donne des séances d’épuisement en piscine, au lieu de séances d’entraînement en piscine ; on se fait dire qu’on a bien travailler parce qu’on a travailler fort, mais travailler très fort n’est pas la même chose que bien travailler…

Crédits image : Sophie Tremblay-Paquet

Mettre un pied devant l’autre (puis recommencer)

Santé, bouger, mouvement, exercise, condition physique, mieux être

Au fil des années comme entraîneur avec Team in Training, j’ai eu l’occasion d’accompagner de nombreuses personnes de la sédentarité à la complétion d’un premier demi-marathon, marathon, ou triathlon. Le plus souvent, ces gens commençaient en marchant au lieu de courir, précisément ce que nous, les entraîneurs, leur disions de faire.

Santé, course à pied, marche, triathlon, exercise

Entraîneur pour Team in Training

Ça m’a donné beaucoup d’expérience comme entraîneur, mais je considère que c’était d’abord et avant tout un privilège que de partager ces moments, autant les difficultés au fil des semaines que le succès final, avec autant d’individus qui ne s’en croyaient pas capables au début.

Voyez-vous, même si les médias nous bombardent d’images dans lesquelles il semble que seule la performance compte, où les « élites » et les « professionnels » sont le spectacle favori de la masse, et où on nous motive à consommer (du regard et de la bouche) au lieu de participer, les entraîneurs et ceux qui s’adonnent à des activités physiques régulières savent que tout le monde est capable d’être en bonne condition physique.

La biologie l’a montré abondamment : le corps humain, comme celui de tout autre animal, doit bouger régulièrement pour fonctionner correctement. Et pas seulement bouger un peu, mais bouger plus que ça, et même bouger beaucoup.

À présent (finalement), la médecine arrive au point de faire usage de ces connaissances fondamentales, et n’hésite plus (autant qu’avant) à carrément prescrire de l’activité physique au lieu de médicaments.

Ce qui manque, encore et toujours, c’est la conviction des gens « ordinaires » pour se mettre en mouvement. Parce que ça parait très difficile, pour toutes sortes de raisons :

  • C’est un effort physique, évidemment.
  • C’est du temps qu’il faut trouver, alors qu’on est tellement occupé.
  • C’est l’incertitude de ne pas savoir exactement quoi faire.
  • C’est parfois même le manque de soutiens de partenaires, parents, enfants, amis qui ne comprennent pas.
  • C’est une société entière qui semble avoir pour mission de nous épargner de l’énergie, et qui depuis une centaine d’années s’évertue à nous inventer des machines qui font le travail physique pour nous.

Alors que faire ? Comment se mettre, ou se remettre, en mouvement ?

Effort

À prime abord, il faut avoir la conviction (pas juste la prescription) qu’il faut bouger. Ça rend la chose plus facile. Il est urgent d’effacer de nos têtes l’analogie erronée selon laquelle le corps est une machine qui doit être « ménagée » afin qu’elle dure longtemps. C’est tout le contraire. Je dirais que le truc est de « simplement » ignorer tout le reste, et de juste faire un pas après l’autre. Ignorez que c’est un effort, et ça n’en sera plus un. Songez que ça vous fait du bien, et ce sera le cas.

Temps

Que faire pour avoir le temps ? On le trouve bien quand on s’assoit pour regarder la télé, ou scruter le fil de Facebook, ou lire le journal (oui, il y en a encore qui font ça), ou jouer à CandyCrush… Vous me direz que ces activités sont importantes « pour relaxer », et j’en conviens. Sauf que c’est ignorer, peut-être par manque d’expérience, à quel point bouger est aussi relaxant, en plus de faire énormément de bien physiquement.

Incertitude

Avez-vous remarqué ? Je n’ai pas mis « manquer d’encadrement » dans la liste des difficultés. Même si on peut être incertain au sujet des activités à faire, il y a énormément de ressources pour se renseigner, et il y a toujours eu plein de monde pour encadrer ceux et celles qui veulent bouger. Des centres de conditionnement physique, des entraîneurs, des « coach » personnels, ça pullule. Ça courre les rues, pour faire un jeu de mots très approprié. Il n’y a rien de tel que les conseils personnels d’un entraîneur, surtout au début, pour se lancer.

Soutiens

Quand c’est la famille et les amis qui ne semblent pas comprendre, la meilleure recette est sans doute de les amener avec nous. Bouger en famille, bouger entre amis, c’est toujours bouger dans la bonne direction. Relevez un défi ensemble, en vous inscrivant à un événement de marche ou vélo populaire. Mais si ça ne semble pas les convaincre, après avoir essayé, on peut toujours leur dire « n’attend pas que l’on doive te le prescrire » !

Société

Que faire au sujet de la société ? D’abord, s’en foutre, et faire ses propres affaires ; nous ne sommes pas des marionnettes que l’on peut contrôler, n’est-ce pas ? Ensuite, se rendre compte que la société, dans le fond, c’est nous tous, alors on peut choisir d’utiliser, ou non, ce qui est mis à notre disposition. Et peut-être, puisque c’est opportun ces temps-ci, on peut choisir de voter pour ceux qui travaillent pour rendre l’activité physique plus facile et sécuritaire.

Santé, marche, course à pied, condition physique, exercise

Commencez par marcher. C’est la meilleure façon.

Le plus dur à combattre, c’est l’inertie : cette tendance qu’on a à continuer à faire ce que l’on fait couramment. Si on ne bouge pas, on n’a pas tendance à vouloir bouger. Mais si on bouge déjà, on veut continuer à le faire.

Alors il importe de commencer, ou de recommencer, de quelque façon que ce soit. Aujourd’hui. Sans attendre.

Comment ?

Facile :

Mettez un pied devant l’autre, puis recommencez.

En un rien de temps, vous serez en mouvement, en train de marcher. Même pas besoin d’équipement spécial, ou de devenir membre d’un gym. La suite sera plus facile, pour autant que vous ayez commencé. La marche est une excellente façon de se mettre en mouvement, de vaincre cette inertie qui nous empêche de bouger.

Allez-y ! N’attendez pas de vous le faire prescrire… et revenez ici pour d’autres conseils, et des opportunités de marcher plus, et de bouger plus, au fil des prochaines semaines.

Crédits images : Pixabay, Sophie Tremblay-Paquet, et un ancien participant de Team in Training.

Comment mesure-t-on le succès ?

Que ce soit à la course à pied, ou à tout autre sport mesuré en temps, le succès n'est pas qu'une question de gagner.

Que ce soit à la course à pied, ou à tout autre sport mesuré en temps, le succès n’est pas qu’une question de gagner.

Comment mesure-t-on le succès des athlètes en course à pied, cyclisme, ski de fond, natation, ou encore triathlon (et bien d’autres encore) ? Vous allez me dire : C’est très simple, il (ou elle) gagne une course, voyons !

Et en effet, s’il existe bien un domaine où mesurer le succès, la performance, peut sembler sans équivoque, c’est bien dans les sports mesurés en temps. (Laissons entièrement de côté l’idée, saugrenue je l’avoue, d’ajouter des juges de style pour évaluer la forme et la technique, et le penchant artistique, des coureurs ; d’autres sports très agréables à regarder s’en servent déjà, au plaisir de ceux et celles qui aiment argumenter au sujet de telles choses.)

Mais est-ce là bien la seule façon de mesurer le succès d’une personne faisant ce genre de sport ? Permettez-moi d’en douter, puisqu’il n’y a, après tout, qu’un seul gagnant et une seule gagnante à chaque course, ce qui fait du reste des gens des losers. Notre société est déjà bien assez compétitive comme ça…

Alors quoi d’autre? Voici quelques pistes de réponse :

Pourquoi pas le dépassement de soi ? S’entraîner régulièrement, faire des sacrifices en temps et en ressources pour se mettre en forme, puis arriver à aller plus loin et/ou plus longtemps qu’avant, voilà déjà un très beau succès valant la peine d’être célébré. Qui se doit d’être célébré, en fait.

Et que dire de parcourir une certaine distance et de battre son propre temps ? Constater, et mesurer sans doute possible, une amélioration de sa performance, c’est aussi un bel exemple de succès comme athlète. Mieux encore, si on commence tranquillement, on peut se battre de la sorte à maintes et maintes reprises…

Pour un grand nombre d’athlètes amateurs, il semble exister des temps, entièrement arbitraires, à battre : à la course à pied, par exemple, un demi-marathon en moins de 2 heures, un marathon en moins de 4, etc. Ce sont de bons objectifs… entièrement objectifs. Ça peut donner un contexte un peu plus amical aux compétitions, au contraire de gagner ou perdre. Tant qu’on demeure raisonnable sur l’objectif à atteindre, on peut se faire un brin de compétition personnelle et avec ses ami(e)s athlètes.

Pour les marathoniens, pour revenir à cet exemple, il y a bien entendu la hantise de se qualifier pour Boston. Oui, je dis bien « hantise » parce que ça fait peur, et ça peut devenir un lourd poids au quotidien. C’est un objectif personnel et une badge d’honneur qui n’est pas accessible à tous. On commence parfois sur cette route pour de bonnes raisons (voir plus haut, le dépassement de soi) et on se retrouve dans le fossé du stress de la performance. Mais ce n’est pas une question de battre les autres, alors c’est tout à fait valable, surtout si on le fait bien.

Ce qui m’amène à vous parler de ce qui, pour moi, est la meilleure mesure du succès d’un coureur : L’amélioration de soi-même en tant qu’être humain.

Prenons par exemple une amie qui vient tout juste de courir Boston (pour la deuxième fois). Oui, elle s’est entraînée fort et longtemps avant d’y parvenir, et elle a souffert pour arriver à son objectif (et peut-être fait souffrir ses proches un peu, ce faisant), mais en tant que personne, la course à pied lui a apporté énormément. En tant que personne, elle s’en trouve augmentée, autant dans sa santé que dans sa capacité de faire du bien autour d’elle.

Et, plus important encore, elle se sert de cette énergie à de bonnes fins, dans son cas principalement en aidant une organisation comme Team in Training, un mouvement servant une cause plus grande encore, soit de lutter contre les cancers du sang.

Quand elle s’est qualifiée la première fois pour courir Boston, alors que je lui servait de pacer, elle n’a pas gagné le marathon d’Ottawa, mais elle s’est dépassée. À Boston, elle n’a pas gagné non plus, mais plus elle coure, plus elle donne autour d’elle.

Alors, oubliez les névrosé(e)s de la performance, du « gagner à tout prix », et laissez-les faire leurs compétitions et rendre tout le monde autour d’eux (et d’elles) fou à force d’écouter leurs frustrations au sujet du manque de vitesse ou d’avoir raté leur objectif de quelques secondes. Bougez, bougez, et bougez encore, et poursuivez des objectifs, et/ou faites-le pour des causes qui en valent vraiment la peine.

Crédits photo : Pixabay