Archives mensuelles : août 2015

Conseil d’entraînement – Numéro 9

Pensez « sécurité ».display-158392_1280

Surtout à l’entraînement, et surtout si vous êtes seul ou seule lors d’une longue sortie.

Penser sécurité englobe beaucoup de choses en fonction du sport que l’on pratique, de l’heure de la journée, et du temps de l’année.

Par exemple, vous ne devriez pas partir en solo nager dans une rivière ou un lac que vous ne connaissez pas très bien, et surtout sans équipement de flottaison s’urgence. (Il existe plusieurs bidules que l’on peut attacher sur soi, ou trainer avec soi, alors pas d’excuses.) Partez avec au moins une autre personne, et de préférence avec cette personne dans un kayak ou un canot qui se tient tout près de vous alors que vous nagez.

À la course, évitez d’écouter de la musique, surtout si vous êtes dans un coin moins passant où quelqu’un pourrait vous surprendre, ou si vous allez courir dans un quartier que vous ne connaissez pas. Également, la musique empêche d’entendre venir les autos, motos, et même les vélos qui pourraient vous frapper. (De plus, il est bénéfique de s’entraîner sans musique et d’écouter son corps, surtout si l’événement pour lequel on s’entraîne ne permet pas d’en écouter pendant la course…)

En vélo, assurez vous d’être bien visible, et soyez aux aguets des véhicules se dirigeant vers vous des deux directions. (Ils n’ont pas tous comme mission de frapper des cyclistes, en passant, mais il nous arrive de faire des manoeuvres d’urgence qui nous placent sur leur chemin, alors il est bon de savoir si il y a une voiture derrière soi.) Il vaut également mieux ne pas partir seul, et définitivement aviser ses proches de notre trajet projeté.

Bien d’autres choses encore, évidemment, mais si je peux offrir une simple règle générale servant de guide, c’est la suivante :

Pour maximiser sa sécurité, il faut être pleinement conscient de son environnement, à tout moment.

Ce sont donc les distractions, et l’inconnu, qu’il faut éviter, et être préparé à ce qui est connu ou prévisible.

Pensez-y, et faites attention.

Crédits image : Pixabay

5 techniques de base à maîtriser pour la course à pied

Entraînement, Condition physique, Santé, Conseil

Courir, c’est facile, et pour tout le monde. Mais il faut tout de même apprendre comment…

Tel qu’annoncé dans le conseil d’entraînement numéro 8, voici la base à maîtriser pour la course à pied. Il s’agit, à mon humble avis d’entraîneur, des aspects essentiels permettant de progresser en course à pied tout en minimisant les risques à long terme.

Ça peut paraître simpliste au premier coup d’oeil, mais en fait la course à pied est une activité très technique. Oui, on peut mettre des chaussures (et des vêtements) et partir courir sans trop se poser de questions, d’où la popularité du sport par les temps qui courent. Mais comme pour toute activité ou passe-temps, pour en profiter pleinement, il y a des choses à apprendre.

Malheureusement, bon nombre d’adeptes omettent certaines étapes, surtout s’ils commencent la pratique tard dans la vie. Il est beaucoup plus excitant de passer directement aux entraînements intensifs, parce que ça semble être la chose à faire (selon les magasines et les conseils des élites, et de certains entraîneurs, lorsque pris hors contexte).

Les conséquences se font alors sentir sévèrement : blessures, ou plateau de performance après une progression initiale marquée, menant parfois à une écoeurantite aigüe et l’abandon du sport. Ce n’est pas pour rien que les statistiques indiquent que plus de 75% des coureurs se blessent à un moment ou un autre.

Lorsqu’on se donne la peine de bien apprendre la base, le risque de ces conséquences négatives s’en trouve réduit, et la progression de performance peut être mieux soutenue. Sans compter qu’on a tendance à prendre plus de plaisir à courir…

Voici donc ma liste des 5 techniques de bases, ou aspects essentiels, pour la course à pied :

1) Réaliser que courir n’est pas « marcher rapidement », ni aller le plus vite possible.

En effet, la technique de course n’est pas la même que la façon de marcher que nous avons. Les autres points ci-après parleront du « comment courir », mais pour le moment, considérez qu’il faut apprendre comment. Il faut aussi bien comprendre que courir n’est pas non plus quelque chose que l’on fait à fond de train tout le temps. Plusieurs se découragent parce qu’ils sont à bout de souffle après la première minute, ou encore pas aussi rapide que les autres. Il faut prendre son rythme, un rythme personnel que l’on peut soutenir longtemps, et développer sa vitesse au fil du temps.

2) Position verticale du corps.

Pour pouvoir courir sans trop se fatiguer, ni se faire mal, il faut garder une position verticale. Toute tendance à pencher vers l’avant (ou pire), au niveau du cou souvent, mais aussi parfois au niveau du tronc, causera des maux et une fatigue accrue. Il faut donc toujours être conscient de sa position, tête bien au-dessus du tronc, tronc bien droit, et bassin bien situé au-dessus du point de contact avec le sol (ou imperceptiblement en avant, mais ça c’est dans le domaine « avancé » des techniques).

3) Contact au sol avec le plat du pied, ou légèrement avec l’avant (mais pas juste les orteils, à moins d’être un sprinteur, ce qui est considéré comme une technique « avancée »).

De moins en moins de gens ont ce problème, mais quand on a beaucoup marché, ou longtemps couru avec des chaussures qui offrent énormément de « protection » aux talons, la probabilité de courir sur les talons existe. Si on commence à peine à courir, il se peut que ce genre de contact au sol soit très fatiguant pour les jambes ; si on a longtemps couru « sur les talons », la transition graduelle peut prendre beaucoup de temps (ça m’a pris 2 ans, par exemple !) mais le jeu en vaut la chandelle. Et il n’est pas nécessaire d’acheter des souliers « minimalistes » pour bien courir ; il faut juste y penser, et s’entraîner graduellement.

4) Cadence de 180 pas à la minute.

C’est le seul aspect technique facilement quantifiable, facilement mesurable, et donc souvent le premier enseigné. Mais c’est en fait plus compliqué qu’on ne le croit parce que cette cadence, pouvant varier de 170 à 190 selon les coureurs, n’a pratiquement rien à voir avec la vitesse à laquelle on courre. Pour l’instant, il suffit de savoir que si votre cadence naturelle est de moins de 180 pas à la minute, et surtout si elle se trouve en-dessous de 160, vous avez surement tendance à faire de trop grandes enjambées (ce qui nuit aux points 2 et 3 précédents), et que vous feriez bien de travailler cet élément.

5) Mouvements des bras, et non du haut du corps.

Seule similarité admise avec la marche, les bras agissent comme contrepoids pour le mouvement des jambes en courant aussi. Un bon mouvement des bras aide à rendre la course plus efficace, et donc plus économique en énergie. Mais attention : pour diverses raisons, il arrive souvent que le mouvement des bras s’accompagne d’une torsion au niveau du tronc, visible par des épaules qui vont d’avant en arrière avec les bras, au lieu de seulement faire pivoter les bras en gardant les épaules stables. Toute torsion au niveau du corps a des répercussions sur les membres inférieurs, parce que courir implique le corps au complet, et ce genre de mouvement du haut du corps peut rapidement causer des blessures. Il faut surveiller le mouvement des bras, et éviter à tout prix un croisement de la ligne médiane du corps (plexus solaire) par les mains. Les bras devraient normalement demeurer parallèles à la direction de la course…

Voilà !

Santé, Exercice, Condition physique, Entraînement

Allez-y, lancez vous. Vous allez voir que vous n’êtes pas seul.

Comme je disais au début, ce n’est pas si compliqué, et plusieurs seront tentés de faire fi de mon conseil de bien maîtriser ces aspects. Faites très attention ; les risques de blessures sont réels.

Si vous voulez avoir du plaisir (oui, en courant, on peut avoir du plaisir, si on le fait correctement) et être en forme longtemps, suivez mon conseil. C’est gratuit.

Ce qui n’est pas gratuit, c’est le suivi, les éducatifs, et les vérifications pour vous permettre de vous améliorer rapidement. C’est à ça que ça sert, entre autres choses, un entraîneur…

Et quand on se donne la peine d’y penser, c’est peu payer pour être en meilleure condition physique, et augmenter nos chances d’être en santé longtemps.

Crédits photo : Sophie Tremblay-Paquet et Sacha Veillette

Conseil d’entraînement – Numéro 8

eight-146661_1280Même si ça peut paraître beaucoup à apprendre et à faire avant de passer aux « choses sérieuses » que sont la compétition et la performance, assurez-vous de maîtriser les techniques de base du sport que vous adoptez.

Pourquoi faut-il maîtriser ces techniques (que je vous devine me demander, un brin incrédule) ?

Il y a plusieurs excellentes raisons, dont les suivantes, en ordre décroissant d’importance :

  1. Ça diminue le risque de blessure,
  2. ça augmente l’efficacité des mouvements, donc la performance que l’on peut atteindre, mais aussi
  3. ça réduit le besoin de force musculaire brute, et d’endurance profonde, pour une performance donnée, et, finalement,
  4. ça diminue les chances d’avoir l’air con pendant une compétition ou un entraînement de groupe.

Admettez que personne n’aime avoir l’air con pendant une course, ou avec des copains d’entraînement, même si c’est la moins importante raison de maîtriser les techniques de notre sport. Je vous pardonnerais de penser que c’est peut-être la raison qui vous préoccupe le plus.

Alors, (je vous devine vous demandant), quelles sont ces techniques de base qu’il faut maîtriser ?

Très bonne question !

C’est d’ailleurs ce qui constituera le sujet des trois prochains conseils, pour la course à pied, le vélo, et la natation de triathlon, respectivement.

À bientôt !

Crédits image : Pixabay

Regarder derrière pour mieux aller de l’avant

Execice, Bouger, Entraînement, Santé, Condition Physique

Une grande pelouse à tondre ?

En course à pied, on dit souvent qu’il vaut mieux foncer, aller de l’avant, sans se préoccuper de qui nous poursuit. Il ne faut pas regarder derrière, car alors on perd le focus sur sa propre performance.

En général on dit souvent qu’il ne faut pas s’en faire avec le passé, que seul l’avenir est important, et qu’il faut donc seulement regarder devant, et foncer.

J’ai tendance à être d’accord avec ça.

Sauf en matière de santé et de condition physique.

Voici pourquoi :

En tant que société, nous avons passé le dernier siècle environ à systématiquement réduire, voir même éliminer complètement, les demandes physiques que nos existences imposaient auparavant à nos corps.

De simplement vouloir rendre nos vies plus faciles, nous en sommes venus à considérer qu’il faut « se ménager », faire le moins d’effort possible, au quotidien.

Nous avons fait ça dans le but de ne plus « nous tuer à l’ouvrage », ce qui est très raisonnable. Mais c’est aussi devenu une philosophie qui fait fi de la réalité biologique : Pour être en santé, nos corps ont besoin de bouger !

Je ne veux pas dire que tout le monde vit une vie de loisirs et que personne ne travaille fort physiquement. Je sais que ce n’est pas le cas.

Mais l’invention d’outils mécaniques de toutes sortes, de la simple scie circulaire électrique à la moissonneuse-batteuse, ont en effet grandement réduit la quantité de travail physique nécessaire au quotidien.

Et ça se voit plus près de chez nous.

Par exemple, étant moi-même (depuis peu) propriétaire d’une maison avec un beau (et assez grand) terrain, j’ai constaté l’éventail d’outils et de machines qui peuvent me rendre la tâche d’entretenir tout ça beaucoup plus facile.

Beaucoup moins exigeant en termes physiques.

D’où la photo en début de ce billet.

Épargner du temps

Vous avez une grande pelouse à tondre ? Ça vous prend un tracteur-tondeuse ! Parce que sinon c’est beaucoup trop dur, et ça demande beaucoup trop de temps…

Et voilà précisément comment tout se justifie de nos jours : par la consommation de temps. C’est un sujet que j’ai déjà abordé ; on en parle surtout en matière de préparation de repas à partir d’aliments frais, pour dire que bien manger demande trop de temps.

Mais de façon plus générale, et de façon sournoise, nous sommes tous coupable de vouloir épargner du temps au quotidien. Que ce soit en prenant l’auto au lieu de marcher ou de faire du vélo pour se déplacer, en mangeant des repas au restaurant (ou pire, de la malbouffe aux restaurants rapides) au lieu de s’en faire à la maison, en utilisant un tracteur-tondeuse au lieu de tondre sa pelouse « à la main ».

C’est même dans l’utilisation d’une perceuse électrique au lieu d’un bon vieux tournevis, ou d’une scie électrique au lieu d’une égoïne.

Quoi ? Je crois vous entendre dire que la perceuse et la scie, ça rend le travail de percer, visser, ou couper tellement plus facile. Alors pourquoi s’en passer ?

Oui, en effet, si vous devez percer, visser, ou couper à longueur de journée, donc si vous travaillez en construction (et que vous bougez donc déjà beaucoup), ce sont de bons outils à utiliser.

Mais pour faire un trou de temps à autres, pour visser une vis par mois, ou pour couper un bout de bois à l’occasion ? Même pour un petit projet de rénovation, d’une durée très limitée. L’effort physique que ça demande n’est pas une mauvaise chose.

Vous croyez sans doute que j’exagère, mais les petites choses font partie intégrale de la problématique générale. Comme on dit (surtout en anglais) : La pente est douce, mais elle est glissante…

Le problème

Voyez-vous, le problème est que nous nous sommes lancé sur cette trajectoire avant de vraiment comprendre comment notre corps fonctionne. Nous avons fait de la réduction de l’effort physique une norme avant de réaliser qu’en fait notre corps a besoin de bouger pour être en santé.

Oh, il est vrai que nous mangeons aussi plus qu’avant, et de la nourriture plus riche en calories. Cet apport alimentaire est démesuré, compte tenu de la dépense quotidienne de la moyenne des gens. Il faut changer nos habitudes alimentaires, c’est certain.

Mais il faut aussi comprendre que nos corps ont besoin de bouger beaucoup plus qu’ils ne le font présentement. Il faut prendre conscience de tout ce que nous faisons pour ne pas avoir à faire de travail physique au quotidien.

Et changer ces habitudes.

Il faut regarder derrière nous et remarquer toutes ces activités que nous ne faisons plus, afin de mieux aller de l’avant avec de meilleures attitudes face au mouvement. Pour bouger plus, il faut prendre conscience des opportunités de mouvement souvent manquées… et prendre le temps.

Du temps pour quoi au juste?

Et le temps que ça demande ? Qu’allons-nous faire pour combler le déficit ?

Ça dépend, bien sûr :

D’abord, à quoi utilisons-nous ce temps « épargné » par les outils et les machines ?

Si c’est pour regarder du sport à la télévision, la question ne devrait pas se poser. Si c’est pour aller au gym faire du CrossFit, on peut s’épargner aussi beaucoup d’argent tout en faisant pratiquement la même chose. Si c’est pour aider les enfants avec leurs devoirs, c’est une autre histoire.

Et même dans ce dernier cas, l’exemple d’un parent qui fait du boulot physique à la maison, prenant une pause de temps à autres pour vérifier le progrès des devoirs, c’est en soi très éducatif.

Ensuite, il nous incombe peut-être de prendre un peu de recul et d’évaluer nos priorités.

Foncer en avant à toute allure, sans prendre le temps de s’assurer de faire les bonnes choses, n’est pas seulement une perte de temps, mais une source de frustrations.

À vrai dire, on oublie souvent qu’il n’y a rien de pire que de faire rapidement, et souvent, des choses qui ne sont pas utiles. Et si quelquechose vaut vraiment la peine d’être fait, ça vaut la peine de prendre le temps de le faire.

Santé, Exercice, Bouger, Condition Physique

Voici un excellent moyen de faire de l’exercice.

Par exemple, votre pelouse a-t-elle besoin d’être tondu aussi fréquemment, ou aussi courte, ou encore tout d’un coup ? Pourquoi ne pas en faire une partie à la fois, à la bonne vieille façon, et s’en servir comme exercice à la place ? Et la laisser pousser un peu plus, de sorte à ce qu’elle soit plus naturellement en santé elle aussi ?

Aller de l’avant

Peut importe, en réalité, les choix spécifiques pour bouger plus. En autant que ces choix sont faits de façon consciente, de façon explicite, et non par défaut.

Une fois que l’on a réalisé ce que le passé récent nous a enlevé comme opportunités de mouvement, il faut garder en tête le principe à suivre pour aller de l’avant : Moins on en fait, moins on est capable d’en faire.

Choisissez d’en faire plus, au quotidien. Ça vous paraitra moins difficile que vous ne le croyez maintenant, et ça pourrait vous empêcher de devoir vous rendre au gym pour bruler, comble de l’ironie, les calories que vos tondeuses, souffleuses, scies et perceuses électriques, et autres outils vous ont épargnées…

Crédits photo : Sophie Tremblay-Paquet