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Regarder derrière pour mieux aller de l’avant

Execice, Bouger, Entraînement, Santé, Condition Physique

Une grande pelouse à tondre ?

En course à pied, on dit souvent qu’il vaut mieux foncer, aller de l’avant, sans se préoccuper de qui nous poursuit. Il ne faut pas regarder derrière, car alors on perd le focus sur sa propre performance.

En général on dit souvent qu’il ne faut pas s’en faire avec le passé, que seul l’avenir est important, et qu’il faut donc seulement regarder devant, et foncer.

J’ai tendance à être d’accord avec ça.

Sauf en matière de santé et de condition physique.

Voici pourquoi :

En tant que société, nous avons passé le dernier siècle environ à systématiquement réduire, voir même éliminer complètement, les demandes physiques que nos existences imposaient auparavant à nos corps.

De simplement vouloir rendre nos vies plus faciles, nous en sommes venus à considérer qu’il faut « se ménager », faire le moins d’effort possible, au quotidien.

Nous avons fait ça dans le but de ne plus « nous tuer à l’ouvrage », ce qui est très raisonnable. Mais c’est aussi devenu une philosophie qui fait fi de la réalité biologique : Pour être en santé, nos corps ont besoin de bouger !

Je ne veux pas dire que tout le monde vit une vie de loisirs et que personne ne travaille fort physiquement. Je sais que ce n’est pas le cas.

Mais l’invention d’outils mécaniques de toutes sortes, de la simple scie circulaire électrique à la moissonneuse-batteuse, ont en effet grandement réduit la quantité de travail physique nécessaire au quotidien.

Et ça se voit plus près de chez nous.

Par exemple, étant moi-même (depuis peu) propriétaire d’une maison avec un beau (et assez grand) terrain, j’ai constaté l’éventail d’outils et de machines qui peuvent me rendre la tâche d’entretenir tout ça beaucoup plus facile.

Beaucoup moins exigeant en termes physiques.

D’où la photo en début de ce billet.

Épargner du temps

Vous avez une grande pelouse à tondre ? Ça vous prend un tracteur-tondeuse ! Parce que sinon c’est beaucoup trop dur, et ça demande beaucoup trop de temps…

Et voilà précisément comment tout se justifie de nos jours : par la consommation de temps. C’est un sujet que j’ai déjà abordé ; on en parle surtout en matière de préparation de repas à partir d’aliments frais, pour dire que bien manger demande trop de temps.

Mais de façon plus générale, et de façon sournoise, nous sommes tous coupable de vouloir épargner du temps au quotidien. Que ce soit en prenant l’auto au lieu de marcher ou de faire du vélo pour se déplacer, en mangeant des repas au restaurant (ou pire, de la malbouffe aux restaurants rapides) au lieu de s’en faire à la maison, en utilisant un tracteur-tondeuse au lieu de tondre sa pelouse « à la main ».

C’est même dans l’utilisation d’une perceuse électrique au lieu d’un bon vieux tournevis, ou d’une scie électrique au lieu d’une égoïne.

Quoi ? Je crois vous entendre dire que la perceuse et la scie, ça rend le travail de percer, visser, ou couper tellement plus facile. Alors pourquoi s’en passer ?

Oui, en effet, si vous devez percer, visser, ou couper à longueur de journée, donc si vous travaillez en construction (et que vous bougez donc déjà beaucoup), ce sont de bons outils à utiliser.

Mais pour faire un trou de temps à autres, pour visser une vis par mois, ou pour couper un bout de bois à l’occasion ? Même pour un petit projet de rénovation, d’une durée très limitée. L’effort physique que ça demande n’est pas une mauvaise chose.

Vous croyez sans doute que j’exagère, mais les petites choses font partie intégrale de la problématique générale. Comme on dit (surtout en anglais) : La pente est douce, mais elle est glissante…

Le problème

Voyez-vous, le problème est que nous nous sommes lancé sur cette trajectoire avant de vraiment comprendre comment notre corps fonctionne. Nous avons fait de la réduction de l’effort physique une norme avant de réaliser qu’en fait notre corps a besoin de bouger pour être en santé.

Oh, il est vrai que nous mangeons aussi plus qu’avant, et de la nourriture plus riche en calories. Cet apport alimentaire est démesuré, compte tenu de la dépense quotidienne de la moyenne des gens. Il faut changer nos habitudes alimentaires, c’est certain.

Mais il faut aussi comprendre que nos corps ont besoin de bouger beaucoup plus qu’ils ne le font présentement. Il faut prendre conscience de tout ce que nous faisons pour ne pas avoir à faire de travail physique au quotidien.

Et changer ces habitudes.

Il faut regarder derrière nous et remarquer toutes ces activités que nous ne faisons plus, afin de mieux aller de l’avant avec de meilleures attitudes face au mouvement. Pour bouger plus, il faut prendre conscience des opportunités de mouvement souvent manquées… et prendre le temps.

Du temps pour quoi au juste?

Et le temps que ça demande ? Qu’allons-nous faire pour combler le déficit ?

Ça dépend, bien sûr :

D’abord, à quoi utilisons-nous ce temps « épargné » par les outils et les machines ?

Si c’est pour regarder du sport à la télévision, la question ne devrait pas se poser. Si c’est pour aller au gym faire du CrossFit, on peut s’épargner aussi beaucoup d’argent tout en faisant pratiquement la même chose. Si c’est pour aider les enfants avec leurs devoirs, c’est une autre histoire.

Et même dans ce dernier cas, l’exemple d’un parent qui fait du boulot physique à la maison, prenant une pause de temps à autres pour vérifier le progrès des devoirs, c’est en soi très éducatif.

Ensuite, il nous incombe peut-être de prendre un peu de recul et d’évaluer nos priorités.

Foncer en avant à toute allure, sans prendre le temps de s’assurer de faire les bonnes choses, n’est pas seulement une perte de temps, mais une source de frustrations.

À vrai dire, on oublie souvent qu’il n’y a rien de pire que de faire rapidement, et souvent, des choses qui ne sont pas utiles. Et si quelquechose vaut vraiment la peine d’être fait, ça vaut la peine de prendre le temps de le faire.

Santé, Exercice, Bouger, Condition Physique

Voici un excellent moyen de faire de l’exercice.

Par exemple, votre pelouse a-t-elle besoin d’être tondu aussi fréquemment, ou aussi courte, ou encore tout d’un coup ? Pourquoi ne pas en faire une partie à la fois, à la bonne vieille façon, et s’en servir comme exercice à la place ? Et la laisser pousser un peu plus, de sorte à ce qu’elle soit plus naturellement en santé elle aussi ?

Aller de l’avant

Peut importe, en réalité, les choix spécifiques pour bouger plus. En autant que ces choix sont faits de façon consciente, de façon explicite, et non par défaut.

Une fois que l’on a réalisé ce que le passé récent nous a enlevé comme opportunités de mouvement, il faut garder en tête le principe à suivre pour aller de l’avant : Moins on en fait, moins on est capable d’en faire.

Choisissez d’en faire plus, au quotidien. Ça vous paraitra moins difficile que vous ne le croyez maintenant, et ça pourrait vous empêcher de devoir vous rendre au gym pour bruler, comble de l’ironie, les calories que vos tondeuses, souffleuses, scies et perceuses électriques, et autres outils vous ont épargnées…

Crédits photo : Sophie Tremblay-Paquet

Ceci n’est pas une cure de désintoxication

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Un repas ordinaire, pour autant qu’on s’en donne le temps.

Ce n’est pas non plus un mélange de « super aliments » destiné à prévenir le cancer.

Ni un met extraordinaire qui demande de longues heures de préparation.

Non, c’est simplement un repas fait à partir d’aliments de base, à la maison.

(Ce n’est pas non plus une photo prise avec soin : elle a été prise au moment du repas, parce que l’idée de ce billet m’est venue en mangeant.)

Il n’y a rien de magique là-dedans ; cependant, ça demande tout de même du temps et un peu d’énergie.

Les ingrédients ? Rien non plus de miraculeux :

  • Des patates « grelots »,
  • des betteraves fraîches (pas en conserve),
  • du céleri (le pied au complet, tranché finement),
  • des piments (un rouge, un jaune, pour la couleur),
  • des échalotes (3, il me semble),
  • quelques noix d’acajou pour ajouter du croquant,
  • et un peu de poudre de noix de coco (parce que ma douce moitié y tenait).

Ce ne sont pas des ingrédients qui proviennent de notre jardin (pas encore), mais certains (betteraves et échalotes) ont été acheté dans un marché de fermiers locaux. Nous avons cette chance d’avoir le temps d’y aller parfois.

Non, à bien y penser, ce n’est pas une juste la chance d’avoir le temps. C’est le désir de prendre le temps. C’est la résolution de ne pas laisser la facilité et l’illusion de manquer de temps contrôler nos vies. C’est là le message de ce billet. J’y reviendrai dans de prochains billets.

Ingrédient final ? De la mayonnaise maison. C’est une habitude prise récemment, mais c’est très satisfaisant d’en faire. Et on sait exactement ce qu’on a mis dedans. On peut substituer juste de l’huile d’olives et un peu de vinaigre balsamique si on préfère une vinaigrette ordinaire. Mais avec une telle « salade de patates et betteraves », je recommande la mayo faite à la maison.

Ça ne prend que quelques minutes. Vraiment. C’est là le drame : On pense souvent que faire à manger demande énormément de temps ; ça en demande, mais pas tant que ça.

Au lieu de lire le journal, ou regarder la télévision, ou pire, lire des bêtises sur Facebook ou le Web au sujet des « vedettes » ou des équipes de sports professionnels, on peut utiliser son temps autrement.

Avant que je n’oublie, il faut faire cuire à la vapeur les patates et les betteraves. Puis les laisser refroidir un peu avant d’ajouter le reste des aliments (temps que l’on utilise à les couper). La mayo est idéalement faite à l’avance, mais ça peut être quelques minutes ou quelques jours, ce n’est pas important.

Et je crois que ma blonde a ajouté quelques épices (un peu de sel, des flocons de piments forts) pendant que j’avais le dos tourné. C’est au goût.

Nourriture, Santé, Aliments, Detox, Cure

Prise 2. Sans aucune arrière pensée…

Donc, ceci n’était pas un met extraordinaire, et ce billet n’était pas une recette. Pas tout à fait. Mais c’est très bon, alors on en reprend, sans aucune pensée au sujet du nombre de calories.

Et même si ce mélange de légumes et de patates et de mayo maison n’est pas une cure de désintoxication, je peux vous garantir que c’est très efficace pour mesure le temps que prend un repas à être digéré. (Ce qui peut être très utile comme information, parce que l’on se pense souvent constipé, ou alors on associe des sensations à certains aliments ou mets mangés quelques heures auparavant, sans vraiment comprendre combien de temps notre système digestif prend pour traiter ce que l’on mange…)

Parce que quand ça passe à « l’autre bout » après 12-36 heures, on le remarque aisément.

Faites-en l’expérience ; vous m’en donnerai des nouvelles.

Crédits images : Sacha Veillette