Archives mensuelles : novembre 2015

Bonnes habitudes, mauvaises habitudes, et discipline

  
J’étais en train de faire à manger l’autre matin quand j’en suis venu à une conclusion inéluctable: Je suis un gars « platte » parce que je fais toujours le même petit-déjeuner!

Il me semblait, dans ma tête pas entièrement éveillée, qu’un gars « pas-platte » trouverait toutes sortes de façons de faire des petits-déjeuners variés, et santés, alors que moi, tout ce que je fais, c’est le même petit-déjeuner santé jour après jour.

En fait, ce que j’ai réalisé, une fois un peu plus lucide, c’est que j’avais formé une habitude de petit-déjeuner: Je fais le même petit-déjeuner presque tout le temps, et il est très bon pour la santé. Et comme je suis toujours un peu en mode « coach », ça m’a fait penser à vous parler des habitudes, et de la confusion qui existe (encore) sur la discipline.

Voyez-vous, lorsqu’on a des habitudes, on n’a pas besoin de discipline.

Euh, non, ce n’est pas tout à fait juste. Voyons voir:

Lorsqu’on a de bonnes habitudes, on n’a pas besoin de beaucoup de discipline.

Attendez, partez pas, je vais vous expliquer.

Habitudes

Nous en avons tous. Aucun doute là-dessus. Beaucoup, même.

Que ce soit de quel côté du lit on se couche, à quel moment de la journée on lit le journal, combien d’heures par jour on passe à lire Facebook, la route par laquelle on se rend de la maison au travail, ou même ce que l’on mange au quotidien.

Vous me direz que c’est de la routine, et vous avez raison. C’est exactement ce que les habitudes deviennent: les choses que l’on fait un peu automatiquement, au jour le jour, sans trop s’en soucier.

C’est vrai de la plupart des gens au sujet du petit-déjeuner, par exemple. Ça sauve pas mal de temps, et c’est efficace.

Par contre, si vous êtes tenté de me dire que c’est parce que vous n’avez pas vraiment le choix, comme pour l’exemple de la route pour se rendre au travail, je vous arrête immédiatement. Si vous y pensez un peu, à part dans certains cas très limités, il existe toujours des alternatives que l’on choisit de ne pas prendre. Des choix que l’on a fait, à un moment donné, et avec lesquels nous sommes devenus confortables.

Mais il serait possible de ne pas toujours se coucher du même côté, de ne pas lire Facebook, de lire le journal à un autre moment, de faire de petits détours pour varier la route. Ce ne serait peut-être pas toujours confortable, et parfois ce serait se rallonger (dans le cas de Facebook, ça nous libèrerait, mais je vais revenir là-dessus), mais ce serait possible.

Donc, nos vies sont remplies d’habitudes. Nous ne pourrions pas fonctionner au quotidien s’il nous fallait prendre des décisions sur toutes les options possibles à chaque instant.

La clé, ou la clef si, comme moi, vous préférez, c’est d’avoir plus de bonnes habitudes que de mauvaises.

Surtout en matière de santé et de bonne forme physique.

Bonnes ou mauvaises?

Donc, si vous me suivez encore, il faut avoir de bonnes habitudes. Préférablement, plus de bonnes que de mauvaises.

Voici quelques exemples, parce que c’est l’habitude du coach, autour du sujet qui nous tient à coeur:

  • Bonne: Bouger régulièrement, et fréquemment. Préférablement au quotidien, même si ce n’est pas très vigoureusement.
  • Mauvaise: Être trop longtemps sans bouger, par exemple au travail.
  • Bonne: Manger des aliments frais, qui n’ont pas été transformés « à mort » par des machines.
  • Mauvaise: Boire des calories, sous forme de boissons gaseuses, jus, lait, etc.
  • Bonne: Se lever du sofa et faire du travail physique autour de la maison le weekend, ou juste aller jouer dehors avec ses enfants.
  • Mauvaise: S’écraser sur le sofa le weekend et regarder du sport à la télévision. (Surtout si accompagné de bière; voir l’item sur les calories liquides…)
  • Bonne: Se faire à manger.
  • Mauvaise: Manger des repas préparés, achetés dans les supermarchés ou consommés au restaurant.
  • Bonne: Lire ce blogue régulièrement.
  • Mauvaise: Lire Facebook pendant plus de 30 minutes par jour.

Ok, vous saisissez, j’en suis sûr, et même si je me permet une blague de temps en temps, vous comprenez que mon propos est très sérieux.

Mais n’oubliez pas que je parle ici d’habitudes. Une fois de temps en temps, même un comportement moins désirable n’est pas vraiment un problème. C’est quand il s’agit bel et bien d’une habitude, d’un comportement irréfléchi qui est la norme, qu’il faut intervenir.

La discipline, à quoi ça sert?

Comme la majorité des gens, vous éprouvez probablement une certaine admiration envers les athlètes de haut calibre. Ou simplement envers ceux et celles qui s’entraînent régulièrement.

Vous vous dites peut-être un truc du genre: « Wow! Quelle discipline ils et elles ont! »

En fait, vous devrier commencer à comprendre que c’est plus une question d’avoir de bonnes habitudes que d’avoir de la discipline. Avec de bonnes habitudes, les comportements qui nous impressionnent sont faciles car ils sont automatiques.

Toutefois, ça ne veut pas dire que ces gens que nous admirons n’ont pas de discipline. C’est juste que leur discipline est employée judicieusement.

Si vous tentez de vous discipliner à aller à vos entraînements et/ou à bien manger, vous aller vous essouffler assez rapidement. Les habitudes ne se formeront pas.

Il faut d’abord et avant tout régler son horaire de vie en fonction des bonnes habitudes désirées, au lieu de forcer à chaque instant pour insérer un comportement dans une routine qui n’est pas faite pour le recevoir facilement. Il faut avoir une mission, ce qu’en anglais on appelle « Purpose », et aligner ses activités en fonction de ça. La discipline vient en lointain second, voir même troisième si on inclut la motivation (sous forme d’incitatifs pertinents, un sujet pour un autre billet).

Ensuite, il faut user de sa discipline pour éliminer les mauvaises habitudes. Et pour ne pas outrepasser les bons comportements, comme en faire trop pendant les entraînements, par exemple. Vous êtes tenté de lire votre fil Facebook? Levez vous et aller marcher un peu à la place! Vous avez le goût d’un autre super gros café plein de sucre et de crême? Prenez un verre d’eau à la place (et surtout, pas dans une bouteille en plastique)!

Si on se borne à utiliser la discipline comme un « limiteur de comportement », on a plus de chances de réussir, selon mon expérience de vie et d’entraîneur.

Dire « non » à la boisson gaseuse offerte, ne pas accepter de ramasser de la bouffe toute faite sur le chemin du retour à la maison, ou se retenir de faire « juste quelques kilomètres de plus » quand l’entraînement à l’horaire est complété, ce sont de bonnes utilisations de la discipline.

C’est à ça que ça sert, la discipline.

La grosse partie du travail est faite par l’établissement de bonnes habitudes, de façon consciente, à partir de la mission qui devrait nous animer: Être en santé et en excellente forme physique pour bien profiter de la vie longtemps.

Sentez vous bien libre de choisir votre propre « mission », mais rappellez vous de commencer par les bonnes habitudes.

Crédits image: Sacha Veillette

C’est ça que ça donne quand…

Compétition, tricherie, gagner, sport, santé, dopage

Désirer être au haut du podium est-il toujours sain?

Sommes-nous vraiment surpris d’apprendre que le dopage occupe une grande place dans le monde du sport?

Peut-être lorsque le système est organisé, et promu agressivement, comme ça semble être le cas en Russie. (Quoique ça nous surprend sans doute moins au sujet de la Russie, comme ça pouvait l’être déjà du temps de l’URSS.)

Ça nous a un peu surpris au sujet du cyclisme quand Lance Armstrong a finalement avoué. (Non, ça ne nous a pas vraiment surpris. Je blaguais. C’était subtil comme blague, je l’avoue, pratiquement du sarcasme, et c’est difficile à faire passer par écrit, du sarcasme.)

Tout sport hautement compétitif devrait nous apparaître comme suspect, sachant ce que l’on sait. Après tout, même quand ce n’est pas du dopage, y’a des juges corrompus ou qui s’échangent des faveurs (patinage artistique) pour ne donner que quelques exemples.

Que ce soit un sport de performance individuelle, un sport artistique (jugé), un sport d’équipe (qui sont truqués à l’occasion), ou un sport de combat (également truqués parfois, et je ne parle pas du spectacle de la lutte professionnelle ici), quand ce qui compte le plus est la victoire, la tricherie fait partie des tactiques employées.

Et ce n’est pas qu’une question d’argent, en passant, sauf peut-être dans le sport professionnel et les sports de combats, ou les gageures et le « gambling » occupent un trop grand rôle. Le prestige d’une personne, d’une équipe, d’une ville, d’une nation, font aussi figure de raison. En bref, pour qu’il y ait de la tricherie, il suffit de vouloir gagner à tout prix.

Est-ce si grave? Après tout, nous sommes des adultes, et nous savons faire la différence. Juste parce qu’il y a de la tricherie dans le sport, ça ne veut pas dire que nous allons tricher en allant courir notre prochain marathon.

En fait, oui, ça a de l’importance. Pas juste parce qu’il y en a qui trichent en courant leur marathon ou en faisant leur triathlon de distance ironman. (Oui, il y en a. J’y reviendrai dans un moment. Et pas juste à ces distances ou dans ces types de compétitions.)

Peut-être que les adultes savent faire la différence (un gros « peut-être »), mais l’image que ça donne aux jeunes n’est vraiment pas saine.

Le vrai problème, il est au niveau de l’énoncé typique : « Bof, tout le monde le fait, donc pour être compétitif, il faut que les meilleurs athlètes le fassent aussi. »

Gagner, Sport, Compétition, Victoire

Est-ce vraiment si important?

Vous l’avez déjà entendu, n’est-ce pas? Peut-être l’avez-vous même déjà dit.

Comprenez-moi bien, il s’agit ici d’une pente douce qui est très, très glissante. Ça commence par hausser les épaules en disant « bof », puis par se dire que ce n’est pas bien grave, puis on arrive à se dire que nos athlètes favoris n’ont pas le choix, et finalement (mais pas tout le monde s’y rend, heureusement) par fermer les yeux quand ça se passe à côté de nous, dans un club sportif ou au gym.

Et ça nous attire un peu, faut l’admettre. Qui n’aimerait pas atténuer un peu la douleur, et moins ressentir les effets de la fatigue, lors d’un ironman? Suffirait de prendre quelques petites pilules pendant la course. Rien de bien terrible. Ça permettrait de pousser un peu plus fort, de vraiment « tester ses limites » comme on dit… Les pros le font; c’était écrit dans un magazine. Tout le monde le fait, alors pourquoi pas moi?

Vous avez vu la pente douce devenir trop abrupte tout d’un coup?

Je vous confie un secret : Si vous prenez un petit quelque chose lorsque vous faites une compétition, quelque chose que vous ne prendriez pas au quotidien, alors vous n’explorez pas vos limites ; vous trichez. Explorer ses limites, c’est voir ce qu’on peut faire sans aide extérieure, et en pleine conscience de ce qui se passe dans notre corps.

Autre secret : Je me sens parfois mal de prendre des gels avec de la caféine pendant des courses. Mais du café, j’en bois tous les jours. N’empêche, c’est un stimulant qui n’est pas nécessaire au corps pour fonctionner (en anglais j’appelle ça du « NOT FOOD », et ça dit tout).

Où en sommes-nous? Où voulais-je en venir?

De la tricherie. C’est ça que ça donne quand ce qui compte le plus c’est de gagner. Ou de performer mieux que les autres. Et parfois même simplement de vouloir performer mieux que soi-même.

Ce qui devrait compter le plus, c’est d’être en santé, et d’agir avec intégrité. Dans le sport comme dans toute chose.

Crédits images : Pixabay